
Une CAN en plein hiver au Maroc, un cadeau empoisonné de la FIFA ?
La programmation par la FIFA de la Coupe du monde des clubs, une nouvelle version dont le nombre de participants sera porté à 32, et qui se jouera du 15 juin au 13 juillet aux Etats-Unis, a contraint la Confédération africaine de football (CAF) à décider, à l’issue de son Comité exécutif tenu le 21 juin, que la phase finale de la CAN Maroc 2025 se déroulerait entre le 21 décembre 2025 et le 18 janvier 2026. « Nous avions compris que la CAN n’aurait pas lieu en juin – juillet 2025. Nous nous attendions plutôt à janvier et février 2026. C’est un peu surprenant, car c’est la première fois qu’elle se disputera à de telles dates. Nous aurions aimé qu’elle se joue en juin-juillet, car, à cette époque de l’année, la météo est bonne, il y a un côté plus festif et beaucoup de touristes, mais la FIFA a imposé son calendrier, et il faut faire avec », commente le journaliste marocain Nassim El Kerf à Jeune Afrique.
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La CAF a également dû tenir compte de la modification par l’UEFA du format de ses compétitions (Ligue des Champions et Ligue Europa) pour conserver ces dates. Deux journées de phase de championnat sont programmées entre le 20 et le 31 janvier 2026. Mais ces nouvelles dates, le Mondial des clubs, nouvelle version aura un impact non seulement sur les clubs européens mais aussi sur les joueurs. «On demande beaucoup aux footballeurs», souligne le Belge Paul Put, sélectionneur de l’Ouganda, dont plusieurs joueurs évoluent en Europe. Jouer une CAN à cette époque de l’année les privera de trêve hivernale. » Olivier Dall’Oglio, l’entraîneur de l’AS Saint-Étienne (Ligue 1), partage cet avis. Lui qui a « l’habitude de laisser respirer une quinzaine de jours les internationaux qui reviennent de la CAN » aura du mal à le faire si les choses restent en l’état. Selon lui, il est important « qu’ils puissent se remettre de la compétition, des voyages et du changement de continent ».
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« L’idéal serait une CAN en juin et juillet », estime Nabil Neghiz, sélectionneur adjoint de l’Algérie. Après la fin des championnats, les joueurs pourront se reposer quelques jours avant de préparer la phase finale. Avec une CAN qui débutera le 21 décembre, ils enchaîneront avec une grande compétition, sans interruption et sans réelle préparation. Pour étayer son argument, il cite le cas de plusieurs joueurs dont l’international marocain Achraf Hakimi. Il disputera avec le Paris-SG la Coupe du monde des clubs, la CAN avec les Lions de l’Atlas – qualifiés d’office –, et probablement la Coupe du monde 2026, en plus du championnat de Ligue 1, de la Coupe de France et d’une Coupe d’Europe, en l’espace d’un an. « Les compétitions internationales sont très exigeantes physiquement et mentalement pour les joueurs. Plus ils jouent, plus les risques de blessures sont importants », ajoute Neghiz.