une vaste enquête en cours
L’enquête, menée par la Brigade nationale des douanes, se concentre sur Casablanca, Marrakech et Tanger. Le réseau approvisionnerait les discothèques et les clients privés via un circuit de distribution parallèle. Pour vendre les marchandises, les bouteilles, qui portent de fausses vignettes fiscales, sont vendues comme d’authentiques produits importés à des prix environ 30% inférieurs à leur valeur réelle, rapporte Hespress.
Les investigations ont également permis de retracer le parcours de cette contrebande. Les produits seraient d’abord acheminés via les ports mauritaniens avant d’entrer au Maroc. Ils sont ensuite stockés dans des entrepôts clandestins, décrits comme des fermes, des villas ou des appartements en périphérie des villes, où ils sont reconditionnés avant d’être mis sur le marché.
Des pertes estimées à 165 millions de dirhams
Le dossier a été confié à la Brigade nationale des douanes, une unité d’intervention rapide dotée de prérogatives nationales, dont le droit de recherche, pour remonter toute la chaîne. Les enquêteurs utilisent de nombreux moyens, notamment des drones, pour surveiller les routes escarpées empruntées par les trafiquants, et travaillent en coordination avec les services de sécurité pour localiser les entrepôts.
Les enjeux financiers de ce trafic sont considérables. Selon les informations rapportées par les médias, le chiffre d’affaires du réseau pourrait dépasser les 165 millions de dirhams. Ces sommes représentent une perte fiscale importante pour le Trésor public, qui prévoit de collecter plus de 3,4 milliards de dirhams de taxes sur l’alcool en 2026.
Au-delà de la fraude fiscale, ces produits, qui échappent à tout contrôle sanitaire, font peser un risque direct sur la sécurité des consommateurs. Les enquêteurs préparent actuellement des opérations de ratissage dans les points de distribution identifiés, qui devraient être suivies de poursuites pénales et de lourdes amendes douanières pour les personnes impliquées.