Washington accélère les négociations entre Rabat et Alger
Les efforts américains pour rapprocher le Maroc et l’Algérie sont au centre de l’actualité diplomatique. Selon des sources américaines, Washington souhaite agir sérieusement pour mettre fin à la crise entre les deux pays. Cette approche s’appuie sur la position des Etats-Unis qui soutiennent le plan marocain d’autonomie pour le Sahara, considéré comme la solution la plus « sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre ce différend. Le soutien croissant de la communauté internationale à la proposition marocaine semble contraindre l’Algérie à s’adapter à cette nouvelle réalité.
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Khalid Yaymout, chercheur en affaires stratégiques et africaines, explique que ces efforts ne sont pas une simple initiative régionale. Dans une déclaration à Al3omkil précise que « le monde connaît une transition d’un système unipolaire vers une confrontation entre les pôles est (Russie et Chine) et ouest (OTAN), ce qui accroît la nécessité pour les grandes puissances d’assurer la sécurité et la stabilité dans les zones géostratégiques vitales ». Selon lui, l’action des États-Unis s’inscrit dans le cadre d’une coordination étroite avec l’OTAN, car la stabilité de la région est devenue une nécessité stratégique face à l’influence croissante des rivaux de l’Occident.
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Le chercheur souligne que le Maroc a redéfini la carte géopolitique de la région grâce à des initiatives majeures dont la plus notable est l’initiative atlantique. Ce dernier offre aux pays enclavés du Sahel un accès maritime vital, ouvrant la voie à l’exploitation de leurs ressources économiques prometteuses, essentielles à l’économie technologique mondiale. Pour Yaymout, il s’agit, non pas d’une simple réconciliation, mais d’un véritable partenariat géopolitique et économique entre Rabat et Alger. Il estime que les grandes puissances ont besoin d’« ancrages régionaux » fiables, un rôle que les deux pays peuvent jouer ensemble, générant d’immenses opportunités économiques avec des gains majeurs pour les deux États.
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Pour le Maroc, la condition essentielle et non négociable est que tout accord comporte une reconnaissance réelle et complète de sa souveraineté sur ses provinces du sud. En contrepartie, la revendication géopolitique de l’Algérie consiste à obtenir un accès à l’océan Atlantique, ce qui peut être obtenu dans le cadre du droit international et du commerce mondial par la négociation. Cependant, la concrétisation de cette vision reste conditionnée à l’existence d’une « conscience stratégique » au sein des élites dirigeantes des deux pays concernant la stratégie globale des grandes puissances, et en particulier de l’OTAN.
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Le succès des efforts américains dépendra de la volonté des deux parties de répondre aux exigences de chacun. Le pari de Washington repose sur l’idée que les intérêts communs face aux défis internationaux peuvent prévaloir sur les calculs liés à un conflit historique qui dure depuis des décennies. Reste à savoir si Rabat et Alger sont prêts à franchir le pas dans ce très court délai de deux mois, évoqué par des sources diplomatiques américaines.