117,8 millions déplacés de force, une personne sur 70 dans le monde
Le HCR : au moins 117,8 millions de personnes déplacées de force dans le monde
Le HCR recense 117,8 millions de personnes déplacées de force en 2026; les retours massifs en 2025 ont réduit le total, mais de nouvelles vagues de déplacements au Liban et en Iran préoccupent.
La dernière évaluation du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) fait état d’au moins 117,8 millions de personnes contraintes de fuir en 2026, soit près d’une personne sur 70 à l’échelle mondiale. Après une augmentation continue au cours des dernières années, le nombre total de personnes déplacées a connu une baisse d’environ 4 % en 2025, principalement en raison de retours massifs vers leur pays d’origine. Malgré cette amélioration, l’escalade des hostilités dans plusieurs régions, et en particulier la crise récente au Liban et les déplacements internes en Iran, ont généré de nouveaux flux de population et des pressions humanitaires accrues.
117,8 millions : panorama chiffré du déplacement forcé
Parmi les 117,8 millions de personnes déplacées de force, le HCR distingue plusieurs catégories : environ 68,6 millions sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays pour des raisons de conflit ou d’autres crises ; 28,5 millions sont des réfugiés relevant du mandat du HCR ; environ 9 millions sont des demandeurs d’asile en attente d’une décision ; 7,2 millions ont été identifiés comme ayant besoin d’une protection internationale ; et 6 millions sont des réfugiés palestiniens pris en charge par l’agence compétente pour cette population. Ces chiffres traduisent l’ampleur et la diversité des situations de déplacement, tant internes qu’à l’international.
Baisse globale en 2025 portée par des retours exceptionnels
La diminution observée en 2025 est largement attribuable à une hausse spectaculaire des retours : le nombre de personnes rentrant chez elles a augmenté de 50 % par rapport à 2024, atteignant un peu plus de 14,7 millions de retours. Six pays ont concentré 92 % de ces retours, avec des flux importants vers la République démocratique du Congo et le Soudan (chacun environ 3,6 millions), la Syrie (3,3 millions), l’Afghanistan (2 millions), l’Ukraine (718 300) et la Birmanie (415 200). Le HCR souligne toutefois que ces retours ne signifient pas systématiquement la fin des risques : beaucoup rentrent dans des zones où persistent la violence, l’instabilité et l’absence de services essentiels.
Nouvelle escalade : Liban et déplacements internes en Iran
Les progrès globaux ont été assombris par une aggravation rapide des déplacements liée aux récents conflits régionaux. Depuis la reprise des hostilités fin mars 2026 et l’extension des campagnes militaires, les attaques ont provoqué le déplacement forcé de plus d’un million de personnes au Liban. Parallèlement, environ 3,2 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de l’Iran. Ces mouvements massifs suscitent des besoins humanitaires immédiats en abri, nourriture, soins médicaux et protection, et augmentent la pression sur les pays voisins et les organismes d’aide.
Origines des réfugiés : sept pays expliquent la majorité des cas
Près de 72 % des réfugiés dans le monde proviennent de sept pays seulement. Les principaux pays d’origine sont le Venezuela (6,4 millions), la Palestine (6 millions), l’Ukraine (5,2 millions), la Syrie (4,9 millions), l’Afghanistan (3,7 millions), le Soudan (2,8 millions) et le Soudan du Sud (2,4 millions). Cette concentration montre que quelques crises prolongées continuent de produire le gros des déplacements transfrontaliers, créant des besoins politiques et humanitaires soutenus pour des populations souvent exposées à la persécution, aux violences ou aux violations massives des droits.
Pays hôtes et répartition géographique des réfugiés
Plus d’un tiers des réfugiés vivent dans sept pays hôtes principaux : la Colombie (2,8 millions), l’Allemagne (2,7 millions), la Turquie (2,4 millions), l’Ouganda (1,9 million), l’Iran (1,7 million), le Tchad (1,5 million) et le Pakistan (1,3 million). Environ 65 % des réfugiés et autres personnes ayant besoin d’une protection internationale résident dans des États voisins de leur pays d’origine. Les profils varient fortement selon les régions : la plupart des réfugiés en Iran et au Pakistan sont Afghans ; la Turquie héberge majoritairement des Syriens ; la Colombie accueille surtout des Vénézuéliens ; et l’Allemagne reçoit un nombre substantiel de réfugiés ukrainiens, syriens et afghans.
Les chiffres mis en lumière par le HCR témoignent d’un déplacement global qui reste à la fois massif et concentré. Les retours massifs enregistrés en 2025 offrent une fenêtre d’amélioration, mais les retours précipités vers des zones instables et l’apparition de nouvelles crises régionales montrent que la vulnérabilité des populations déplacées demeure élevée. Les besoins humanitaires, les défis d’intégration et la nécessité d’un partage équitable des responsabilités entre pays hôtes restent des priorités urgentes pour atténuer l’impact de ces déplacements sur les personnes et les communautés affectées.