18 supporters sénégalais condamnés après la CAN à Rabat attendent décision du juge
Dix-huit supporters sénégalais maintiennent leur innocence après la confirmation des peines par la cour d’appel de Rabat
Dix-huit supporters sénégalais condamnés pour avoir envahi la pelouse lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat contestent leur culpabilité; la cour confirme les peines et le Sénégal saisit rapidement le TAS.
Dix-huit supporters de football sénégalais, condamnés en février 2026 par un tribunal marocain pour hooliganisme après l’invasion de la pelouse lors de la finale controversée de la Coupe d’Afrique des Nations, ont nié toute responsabilité alors que la cour d’appel de Rabat a confirmé leurs peines lundi 13 avril 2026. Les condamnations, prononcées en février, allaient de trois à douze mois de prison ; les procureurs avaient plaidé pour des peines plus sévères en appel, sans succès. Les événements s’inscrivent dans une série de décisions juridiques et sportives liées au match du 18 janvier 2026.
Condamnations et calendrier judiciaire
La première condamnation des 18 supporters a été rendue en février 2026 par un tribunal marocain, qui les a reconnus coupables d’actes de hooliganisme après l’intrusion sur la pelouse à l’issue de la finale du 18 janvier 2026. En appel, le parquet avait demandé des peines aggravées, mais la cour d’appel de Rabat a confirmé, le lundi 13 avril 2026, les peines initiales. Les sentences vont de trois à douze mois d’emprisonnement, conformément aux décisions rendues par la juridiction pénale. Plusieurs des personnes concernées se trouvent désormais au Sénégal, selon la défense.
Arguments présentés par la défense
Les condamnés et leurs représentants ont soutenu devant la cour qu’ils n’avaient pas agi dans un but de trouble public mais avaient été contraints d’entrer sur le terrain par la force de la foule ou pour se protéger face à des crachats et des projectiles prétendument lancés à leur encontre. Les avocats de la défense ont demandé la diffusion des enregistrements vidéo des incidents afin de vérifier l’identité des personnes qui comparaissaient, estimant que certaines personnes impliquées se trouvaient au Sénégal et n’étaient pas présentes à Rabat lors du procès. Ils ont également affirmé que l’entrée sur la pelouse n’avait pas été une manifestation de protestation contre une décision arbitrale mais une réaction aux risques encourus au cœur de la bousculade.
Oppositions du parquet et contestation des images
Le parquet s’est opposé à la diffusion des images sollicitées par la défense, estimant que les prévenus avaient été « pris sur le fait » et que les images n’étaient pas nécessaires pour confirmer leur identité et responsabilité. « Le monde entier a vu en direct ces terribles images », a soutenu le ministère public, rejetant la demande de rediffusion en séance. À l’heure du rendu en appel, le juge n’avait pas encore répondu formellement à la requête de la défense concernant la projection des vidéos, laissant la controverse sur l’usage des preuves audiovisuelles ouverte.
Décision de la CAF et procédure au Tribunal Arbitral du Sport
Parallèlement aux procédures pénales, la Confédération africaine de football (CAF) a annulé, en mars 2026, la victoire initiale attribuée au Sénégal lors de la finale du 18 janvier 2026 et a déclaré le Maroc champion, deux mois après le match. Cette décision a entraîné une riposte immédiate de la Fédération sénégalaise de football, qui a mandaté ses avocats pour saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Le recours au TAS introduit une dimension internationale et sportive à un dossier déjà lourdement politisé et judiciaire, et pourrait prolonger le litige pendant plusieurs mois selon la procédure d’arbitrage.
Répercussions politiques et diplomatiques
La confirmation des peines par la cour d’appel a suscité des réactions politiques au Sénégal, où des responsables ont dénoncé la décision. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’est publiquement exprimé pour dénoncer la tournure des événements. La question des supporters extradés, des personnes se trouvant encore au Sénégal et des garanties procédurales pourrait alimenter des échanges diplomatiques entre les autorités sénégalaises et marocaines, alors que la procédure devant le TAS est en cours. Les avocats de la défense ont indiqué qu’ils exploreraient tous les recours disponibles, y compris des voies internationales, pour faire valoir les droits de leurs clients.
La confirmation des condamnations accentue l’attention sur les circonstances qui ont entouré la finale du 18 janvier 2026 et sur la gestion des flux de spectateurs lors d’événements de grande ampleur. Le dossier combine désormais enjeux pénaux, contestations sportives et implications diplomatiques, et il restera suivi tant au plan judiciaire qu’au plan sportif.