25e anniversaire de la Déclaration de Durban à l’ONU pour relancer la lutte antiraciste
L’ONU réunit l’Assemblée générale le 28 septembre 2026 pour commémorer les 25 ans de la Déclaration de Durban
Le 28 septembre 2026, l’Assemblée générale de l’ONU commémore le 25e anniversaire de Durban et réaffirme l’urgence de lutter contre le racisme mondialement.
L’Assemblée générale des Nations Unies tient lundi 28 septembre 2026 une réunion de haut niveau à New York pour marquer le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban (DDPA). L’événement vise à rappeler le cadre international adopté en 2001 pour combattre le racisme, la xénophobie et les formes connexes de discrimination, à mesurer les progrès accomplis et à mobiliser une volonté politique renouvelée pour mettre en œuvre ses recommandations.
Ouverture solennelle à l’Assemblée générale
La séance d’ouverture comprend des interventions de haut niveau, notamment du président de la 81e Assemblée générale, Khalilur Rahman, du secrétaire général de l’ONU et du Haut-Commissaire aux droits de l’homme. Un chef d’État ou un représentant d’Afrique du Sud prendra la parole, aux côtés d’un représentant d’une organisation non gouvernementale et d’un représentant de la jeunesse. La réunion est organisée par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et sera diffusée en direct sur la Web TV de l’ONU en plusieurs langues.
Contenu central de la Déclaration et du Programme d’action
Adopté lors de la Conférence mondiale contre le racisme en 2001 à Durban, le document final de 153 pages n’est pas juridiquement contraignant, mais il constitue l’un des cadres les plus complets pour la lutte mondiale contre la discrimination raciale. Le DDPA adresse le racisme, la xénophobie, la discrimination fondée sur le sexe et reconnaît les droits des peuples autochtones. Il reconnaît également l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves comme crimes contre l’humanité et lie ces injustices historiques aux disparités contemporaines.
Points de friction historiques et débats non résolus
La conférence de Durban a été marquée par des tensions. Une version initiale du texte assimilant le sionisme au racisme avait été retirée après l’opposition d’Israël et de plusieurs États. Les États-Unis et Israël avaient quitté la conférence en 2001 et n’avaient pas soutenu le texte final. L’article 63, qui évoque le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à un État indépendant, et l’article 65, relatif au droit de retour des réfugiés, restent des sujets sensibles. La mémoire de la Nakba et le nombre important de Palestiniens déplacés avant 1948 et en 1967 continuent d’alimenter des désaccords diplomatiques et politiques.
Objectifs de la réunion et projet de déclaration politique
La réunion anniversaire a pour objectif principal d’accroître la sensibilisation publique au DDPA, de faciliter le dialogue entre gouvernements et communautés, et d’identifier des stratégies concrètes pour renforcer la mise en œuvre. Un projet de déclaration politique présenté à l’occasion réaffirme les principes du DDPA, rappelle que l’égalité et la non-discrimination sont des principes fondamentaux du droit international, et exprime une profonde inquiétude face à la montée de la discrimination, du racisme systémique et des discours de haine. Les délégations devraient débattre du texte et, si possible, l’adopter pour marquer un engagement politique collectif.
Jeunesse, société civile et format des débats
L’ordre du jour comprend une table ronde interactive sur le « leadership des jeunes » destinée à mettre en lumière le rôle des jeunes issus de groupes raciaux et ethniques marginalisés. La session vise à identifier les moyens par lesquels les nouvelles générations influencent le discours public et mobilisent l’action contre le racisme. Des représentants d’États membres, d’observateurs, d’ONG et de mouvements de jeunesse participeront au débat général, offrant un mélange de perspectives gouvernementales et de terrain sur les avancées et les freins à l’application du DDPA.
Bilan des vingt-cinq ans et défis persistants
Depuis 2001, des examens périodiques — notamment en 2009 à Genève et lors des anniversaires suivants — ont cherché à mesurer les progrès. Malgré ces revues, la réunion de 2026 s’ouvre dans un contexte où les inégalités raciales, les discriminations structurelles et les incidents de discours de haine restent largement signalés dans de nombreux pays. Les organisateurs insistent sur la nécessité d’actions mesurables : réformes législatives, politiques migratoires non discriminatoires, reconnaissance et protection des droits des peuples autochtones, et mécanismes de réparation pour les victimes de violations liées au racisme.
Le succès de la réunion dépendra de la capacité des États et des acteurs non étatiques à traduire les engagements politiques en plans d’action concrets et suivis. Le texte politique proposé cherche à consolider un consensus international et à raviver une dynamique d’actions coordonnées, mais les débats historiques et les intérêts divergents entre États rendent les compromis nécessaires. La présence de jeunes leaders et de la société civile vise à renforcer la pression politique pour des mesures effectives et responsables.