5 000 tonnes de rose à parfum prévues en 2026 à Kelâat M’Gouna
Rose à parfum : vers 5 000 tonnes en 2026, le salon de Kelâat M’Gouna met la filière au cœur des objectifs de modernisation
La production de la rose à parfum pourrait atteindre 5 000 tonnes en 2026. Le secteur, mobilisé lors du 61e Salon international de la rose à parfum (7-10 mai), vise à renforcer sa transformation et ses exportations.
Prévision de production pour 2026
La production prévisionnelle de la rosa damascena est estimée à environ 5 000 tonnes pour l’année 2026, contre une moyenne annuelle actuelle de 3 700 tonnes. Cette augmentation projetée s’appuie sur les traditions culturales des vallées de Kelâat M’Gouna et du Dadès, où la culture mobilise environ 6 000 agriculteurs répartis sur sept communes rurales. L’estimation a été présentée en prélude à l’ouverture de la 61e édition du Salon international de la rose à parfum, qui se tient du 7 au 10 mai à Kelâat M’Gouna.
Superficie et investissements sous le Plan Maroc Vert
Au titre du Plan Maroc Vert (2011-2020), la filière de la rose à parfum a bénéficié d’un développement structuré : la surface plantée atteignait 950 hectares et les mesures de soutien ont couvert environ 6 000 exploitants pour un investissement total chiffré à 52,4 millions de dirhams. Ces appuis ont visé la diffusions de pratiques culturales, la distribution d’intrants et le renforcement des réseaux locaux de production.
Objectifs de la stratégie Génération Green 2020-2030
La stratégie Génération Green 2020-2030 fixe des objectifs ambitieux pour la filière : étendre la superficie dédiée à la culture, porter la production annuelle à 6 000 tonnes et valoriser 70 % de la récolte. Le plan prévoit la création et l’équipement de nouvelles unités de transformation ainsi que la modernisation des structures existantes détenues par les organisations professionnelles. À l’horizon 2030, la stratégie vise également à doubler les exportations de produits dérivés de la rose pour atteindre 150 tonnes.
Contraintes climatiques et techniques
Malgré ces perspectives, la filière doit faire face à des difficultés notables. Les aléas climatiques pèsent sur la régularité des rendements et la qualité des fleurs. Le maintien, pour une large part, de techniques agricoles traditionnelles limite les gains de productivité et la résilience aux variations météo. Par ailleurs, l’instabilité des prix et des lacunes dans certains mécanismes de valorisation et de commercialisation freinent la rentabilité pour de nombreux producteurs.
Transformation industrielle et commerce international
Le renforcement de la chaîne de valeur passe par l’essor des unités de transformation et par des investissements dans l’équipement industriel. L’objectif de valoriser 70 % de la production implique d’accroître la capacité de distillation, d’extraction et de conditionnement, ainsi que d’améliorer les normes de qualité pour les marchés d’exportation. La montée en gamme des produits dérivés — huiles essentielles, absolues, hydrolats et ingrédients cosmétiques — est présentée comme le levier principal pour augmenter la valeur ajoutée et sécuriser des débouchés internationaux.
Salon de Kelâat M’Gouna : plate-forme de débat et d’actions
Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 61e édition du Salon international de la rose à parfum se présente comme une plate-forme annuelle consacrée au développement durable et à la promotion des zones oasiennes. L’événement rassemble acteurs publics, professionnels locaux et partenaires internationaux autour d’un programme de colloques, tables rondes et ateliers. Le colloque scientifique « État des lieux de la filière de la rose à parfum » a servi de cadre pour exposer bilans, contraintes et objectifs stratégiques pour la décennie à venir.
La trajectoire annoncée pour la filière de la rose à parfum combine ambitions de montée en capacité, exigences de modernisation et nécessité de réponses fortes aux risques climatiques et aux déséquilibres des marchés. Le succès des objectifs 2026–2030 dépendra de la capacité des acteurs à accélérer la mechanisation et la transformation, à stabiliser les revenus des producteurs et à renforcer les circuits de commercialisation pour rendre la filière plus résiliente et plus compétitive à l’international.