Une étude révèle l’origine marocaine des îles Canaries
L’étude, récemment publiée dans la revue scientifique Earth-Science Reviews, a été réalisée par une équipe multidisciplinaire de l’Université de Madrid, de l’Université de Laguna et de l’Institut géologique et minier espagnol (IGME-CSIC). Les scientifiques sont arrivés à la conclusion que la formation des îles n’est pas due à l’activité d’un point chaud fixe dans le manteau terrestre, mais à des fractures dans la lithosphère, causées par l’interaction avec les montagnes de l’Atlas, relais Le Razon.
Cette étude est de trois points clés qui contredisent la théorie classique du point chaud. Tout d’abord, l’absence d’un canal vertical de magma. Contrairement à Hawaï où un canal profond par lequel le magma augmente a été identifié, une telle structure n’a pas détectée dans les îles Canaries, après des décennies d’études géophysiques. Ensuite, les éruptions simultanées sur plusieurs îles. Les archives historiques et géologiques montrent que plusieurs îles Canaries ont connu une activité volcanique en même temps. Enfin, un soulèvement tectonique anormal. Alors que les volcans hawaïens coulent au fil du temps sous l’effet du poids de la lithosphère océanique, certaines régions des îles Canaries, telles que Fuerteventura, ont connu jusqu’à 2000 mètres, ce qui suggère l’existence de forces de soulèvement tectonique.
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Pour les chercheurs, la formation de l’archipel est plus liée aux plaques tectoniques qu’aux phénomènes de couche profonde. Selon cette nouvelle hypothèse, les contraintes générées par la collision et l’interaction entre la plaque africaine et les montagnes Atlas ont provoqué des fractures profondes dans la croûte océanique. Ces ruptures auraient permis au magma de monter et de donner naissance aux îles volcaniques.
Cette hypothèse explique non seulement la longue durée de l’activité volcanique dans les îles Canaries, qui s’étend sur plus de 20 millions d’années pour certains d’entre elles, mais aussi des phénomènes géologiques qui ont été inexpliqués, comme la présence de sédiments à haute altitude dans Fuerteventura, qui témoignent au processus actif de la suppression tectonique. Cette étude “modifie notre compréhension des risques volcaniques dans l’archipel”, disent ses auteurs, expliquant que “les éruptions cutanées ne suivent pas un schéma migratoire prévisible, mais pourraient se produire dans plusieurs points du territoire, selon la dynamique tectonique régionale”.