Les médecins maghrébiens chaînent les gardes en France, leur salaire tombe à 1 100 € net
Cette prime a été versée aux médecins étrangers en service dans les quatre hôpitaux (Marne-La-Vallée, Meaux, Coulommiers, Jouarre) formant le grand hôpital de l’Ile de-France (GHEF), qui sont confrontés à tant de personnes avec une pénurie de travail qualifié. «Ces primes sont une pratique courante qui leur permet d’être attirées par les déserts médicaux où, en raison de leur précarité, ils sont obligés de vous remercier. Sans eux, les hôpitaux fermeraient», explique le parisien Kahina Hireche Ziani, secrétaire général et porte-parole de l’Union SOS Pahdue.
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À la fin de 2024, la nouvelle direction du GHEF a informé les médecins étrangers de sa décision de mettre fin au paiement de cette prime qui, selon elle, n’a “aucune base juridique”. Puis, le 31 mars 2025, il a exigé le remboursement de cette prime au cours des deux dernières années. Une douche froide pour les médecins étrangers pour lesquels ce bonus représentait près de la moitié de leurs revenus. «Nous nous retrouvons avec les médecins qui ont maintenant payé 1 100 euros net, moins que le nettoyage des femmes, avec une dette de 34 000 euros à rembourser. Il est omniprésent», affligez le CGT qui a rencontré le ministère de la Santé mercredi.
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“Certains suivent vingt gardes par mois pour pouvoir garder la tête hors de l’eau et nourrir leur famille n’est pas tenable”, a déclaré Catherine Dos Santos, secrétaire adjointe de l’Union pour l’hôpital. Pour sa part, la direction garantit qu’elle ne respecte que la loi et ne répondait à une demande du trésor public qui le prétend un total de 2,7 millions d’euros. “Il est évidemment plus facile d’aller et récupérer cette somme sur le dos des personnes précaires qui ne connaissent pas les lois françaises et ont peur de perdre leur permis de séjour en même temps que leur travail”, fulmine le CGT.
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Face à cette difficulté, les médecins étrangers ont saisi des avocats. “Il est impensable de les faire apporter la responsabilité d’une décision prise par la direction, qui est devenue définitive et enregistrée dans leur contrat de travail et leur promesse d’embauche”, me proteste Delphine Kriszch, qui dénonce une mauvaise application des textes. Elle a saisi la cour administrative de Melun. “Nous n’avons pas le choix!” Même en bloquant plus de deux ans, c’est impossible. Nous devons déjà payer des impôts sur la base de notre ancienne rémunération, nos avocats, tout cela avec un salaire qui a fondu … et nous ne pouvons pas quitter le GHEF sans avoir obtenu la validation de notre examen. Beaucoup se sentent piégés », se plaint un médecin.
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“C’est inacceptable!” Après huit à dix ans d’études, je ne serais jamais venu en France pour gagner 1 500 euros ou 2 000 euros, c’est ce que j’aurais payé si j’avais séjourné au Maroc. La confiance est brisée, tout le monde rêve de quitter le ghef, “en obtient un autre qui doit payer 60 000 euros.” Les décrets sont délibérément floues, ce qui laisse leurs mains libres aux directeurs de l’établissement pour faire ce qu’ils veulent, le ministère sait, mais il convient à tout le monde: le pass PahDue dernier pour les choix de vacances et de gardes, tout en étant sous-estimé. Le système est basé sur eux tout en économisant sur le dos », dénonce Kahina Hireche Ziani de Sos Pahdue.