un vide légal qui s’inquiète
En l’absence d’une réglementation du secteur, la grande partie des revenus touristiques attendus dans le cadre de la réception de la Coupe africaine des nations (CAN 2025) et la Coupe du monde 2030 sera capturée par la plate-forme de réservation, Airbnb. Cela représenterait une grosse perte pour l’État. Fondée en 2008 et présente dans plus de 220 pays et plus de 100 000 villes, cette plate-forme est un concurrent direct des hôteliers. Selon les données Airbnb au Maroc, les propriétaires louant leurs marchandises via la plate-forme gagnent en moyenne 1 200 $ par an.
Lire: Airbnb dans Marrakech: un MRE impliqué après la découverte d’une caméra
«Airbnb est une formule qui convient à tout le monde, lorsqu’elle est supervisée. Ce n’est pas parce que les hôteliers disent que c’est une concurrence injuste que cela est vrai. Tout le monde a ses clients. Ce qui manque, c’est la boîte légale qui régit l’activité», explique à DéfiAmal Karioun, président de la Fédération nationale des agences de voyage. Il invite l’État “à faire rage contre les personnes qui ne respectent pas la législation”, tout en prenant soin de ne pas “promouvoir le surcourisme”.
À lire: Le Maroc supervisera les locations d’Airbnb et Riad
Aux yeux de Zoubir Bouhoute, expert en politique touristique, la location alternative n’est pas une menace pour les hôteliers. “En chiffres, au Maroc, même si nous avons près de 4 000 hôtels contre 13 000 maisons spéciales, la relation entre les deux offres est assez éloignée. L’offre de l’hôtel compte près de 150 000 chambres. Cela dit, je pense que le Maroc doit opter pour une approche d’ouverture et de contrôle. Je vous rappelle que la loi sur les locations alternatives est sous traitement”, a-t-il déclaré.
Pour lire: Hôtels, Riad et Airbnb: bientôt tous contrôlés au Maroc
Sauf que l’attente est longue. Le Royaume pourrait, pour le moment, suivre l’exemple de l’Espagne, de l’Angleterre ou de l’Italie qui ont des réserves limitées sur Airbnb pour faire face au châtiment. Barcelone a décidé d’interdire la location de 10 000 logements sur Airbnb d’ici 2029. Londres a limité les locations d’Airbnb à 90 nuits par an pour des logements entiers.