une réforme des bailleurs pour dynamiser le secteur ?
« Longtemps considérées comme des alternatives prometteuses à l’immobilier traditionnel, les associations immobilières et les coopératives d’habitation semblent aujourd’hui en perte de vitesse, alors même qu’elles pourraient constituer un levier majeur pour dynamiser le secteur du logement », analyse Finances Actualités Hebdo. Avec leurs avantages fiscaux, ces structures offrent la possibilité de réduire le coût de production des logements, en facilitant leur accès à certaines catégories socioprofessionnelles comme les enseignants, les avocats, les banquiers ou les douaniers.
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Le magazine rappelle que “historiquement, ces initiatives ont été attractives en raison de leur modèle associatif à but non lucratif. Exonérées d’impôt sur les sociétés, de TVA et autres taxes, elles se distinguent des promoteurs immobiliers traditionnels, dont l’objectif premier reste la rentabilité”. Mais en réalité, de nombreux projets immobiliers connaissent de sérieux retards de mise en œuvre, dus à des litiges entre partenaires ou au non-paiement des cotisations à temps, ou encore à des difficultés de gestion des chantiers.
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A ce propos, Mohamed Alaoui, expert immobilier, cité par le magazine, explique que “les associations d’habitants ne sont plus appréciées comme avant pour des raisons de confiance. Plusieurs cas ont même été portés devant les tribunaux, ce qui ternit l’image de ce système et ralentit son développement”. De leur côté, les promoteurs immobiliers crient à la concurrence déloyale, dénonçant des pratiques consistant à ce que certaines de ces structures exploitent leur statut d’amis pour bénéficier d’avantages fiscaux, ce qui crée d’énormes pertes pour l’Etat.
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Malgré ces difficultés, les coopératives d’habitation peuvent jouer un rôle clé dans la relance du secteur si un cadre juridique et réglementaire clair est mis en place, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens. Cette réforme est urgente pour sécuriser les contributeurs et encourager les porteurs de projets, estime Alaoui, soulignant la nécessité de réviser les dispositions fiscales, d’établir un modèle standard validé par les autorités locales et de mettre en place des garanties contre les abus et la fraude. « Encourager cette formule contribuera à redynamiser un marché qui montre actuellement des signes d’essoufflement. »