Après sa victoire à l’ONU sur le Sahara, le Maroc relance ses revendications sur Sebta et Melilla
A la demande des Etats-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé vendredi une résolution demandant au Maroc et au Front Polisario de reprendre les négociations, mais “sur la base de la proposition marocaine d’autonomie”, considérée comme “la solution la plus viable” au conflit qui dure depuis un demi-siècle. En mars 2022, Pedro Sánchez a exprimé dans une lettre adressée au roi Mohammed VI son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara, considéré comme la base « la plus juste, la plus crédible, la plus réaliste » pour résoudre ce conflit, mettant ainsi fin à une longue crise diplomatique entre les deux pays, rappelle Le confidentiel.
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Ce succès diplomatique du Maroc, qui parvient progressivement à rallier la communauté internationale à sa cause à l’égard du Sahara, pourrait renforcer ses revendications sur Sebta, Melilla et les îles et rochers espagnols, analysent les diplomates européens accrédités à Rabat. “L’heure est venue d’un Maroc unifié, de Tanger à Lagouira, dont personne ne pourra violer les droits et les frontières historiques”, a déclaré le roi Mohammed VI dans le discours prononcé vendredi, dès l’annonce du vote à l’ONU.
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Selon les médias espagnols, Rabat possède quatre revendications sur des territoires espagnols, dont deux sont directement liées au Sahara. Premièrement, le Maroc souhaite que l’Espagne transfère le contrôle de l’espace aérien du Sahara, géré depuis 1975 par la société publique espagnole ENAIRE depuis Las Palmas de Gran Canaria pour les vols civils. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a récemment nié l’existence d’un accord pour transférer cet espace au Maroc. Ensuite, le Maroc souhaite que l’Espagne clarifie sa position sur le Sahara et reconnaisse sa souveraineté sur ce territoire, comme l’ont fait les présidents Donald Trump en décembre 2020, et Emmanuel Macron en juillet 2024.
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Le Maroc aspire également à établir une frontière entre les îles Canaries et sa côte atlantique, qui engloberait les eaux du Sahara. En avril 2022, la feuille de route adoptée après la visite de Sanchez à Rabat annonçait la « relance du groupe de travail sur la délimitation des espaces maritimes sur la façade atlantique ». Le groupe n’a fait aucun progrès jusqu’à présent. Enfin, le Maroc développe une stratégie visant à asphyxier Ceuta et Melilla. Les douanes commerciales inaugurées à Ceuta, et celles de Melilla fermées depuis août 2018 et rouvertes en début d’année, ne fonctionnent pas en raison de la lenteur des contrôles marocains qui n’appliquent pas le régime de réciprocité pour les voyageurs.