Les tribunaux marocains autorisent 63% des demandes de mariage de mineurs
Malgré leur caractère exceptionnel, les demandes d’autorisation de mariage de mineurs continuent d’affluer chaque année devant les tribunaux marocains. Cette pratique continue d’être acceptée par de nombreuses familles, notamment dans les zones rurales. Selon Assaba« cette situation a des conséquences directes sur l’éducation des jeunes filles » qui abandonnent massivement l’école, souvent avant même la fin du secondaire, favorisant ainsi le décrochage scolaire.
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Face à cette situation, le ministère de l’Éducation a décidé d’agir. “Des circulaires ont été envoyées aux académies et aux directions provinciales, les invitant à mobiliser tous les moyens à leur disposition afin de sensibiliser les élèves et leurs familles à l’importance de poursuivre leurs études”, informe le quotidien, qui ajoute que les directeurs d’école ont été récemment chargés d’organiser des campagnes de sensibilisation contre le mariage des mineurs et les violences dans les écoles, avec obligation de produire des rapports à leurs directions régionales.
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Le débat sur le mariage des mineurs est revenu sur l’actualité ces derniers jours, après des rumeurs, ensuite démenties par le parquet, selon lesquelles une petite fille aurait été contrainte d’épouser un homme plus âgé. Plusieurs acteurs civils et défenseurs des droits de l’Homme ont lancé une pétition destinée à la Commission royale chargée de la révision du Code de la famille, appelant à l’abolition totale du mariage des mineurs, sans exception, et à l’adoption d’une réforme législative stricte, conforme à la Constitution, aux conventions internationales et à l’évolution sociale du Maroc.
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En 2024, 16.985 demandes de mariage de mineurs ont été enregistrées, dont 10.691 ont été autorisées par les tribunaux, soit un taux d’acceptation de 63%, selon les données officielles. Entre 2022 et 2024, des milliers de pétitions ont été déposées chaque année, révélant la persistance de cette pratique et la vulnérabilité de ces jeunes filles, ainsi que la multiplication des divorces chez les jeunes mariées. La pétition considère que l’autorisation judiciaire autorisant le mariage des mineurs de moins de 18 ans constitue une faiblesse du cadre juridique qui compromet la protection des mineurs et va à l’encontre des engagements internationaux du Maroc.