Le Maroc perd des milliards, les MRE à la rescousse
Les derniers chiffres de l’Office des changes, finalisés fin novembre 2025, font état d’une économie à deux vitesses. D’un côté, la balance commerciale des biens vire au rouge vif : le déficit s’est aggravé de 20,4% pour atteindre le gouffre de 328,8 milliards de dirhams. Les importations ont bondi de 9,2% (752,3 milliards), tandis que les exportations ont eu du mal à suivre avec une maigre hausse de 1,8%. Si les phosphates ont repris leur rôle de locomotive (+13,8%), des piliers comme l’automobile (-3,1%) ou le textile (-4,7%) marquent le pas, révélant la fragilité du tissu industriel.
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Heureusement, le salut vient des services. Le tourisme et les MRE jouent plus que jamais leur rôle de « soupape de sécurité ». Les recettes voyages ont explosé de 18,7% pour atteindre 124,1 milliards de dirhams à fin novembre, un chiffre qui devrait encore augmenter avec l’effet « Coupe d’Afrique des nations » sur les statistiques de décembre. Parallèlement, les Marocains résidant à l’étranger continuent d’injecter des liquidités vitales dans l’économie nationale, avec des transferts totalisant 111,5 milliards de dirhams. Grâce à ces performances, la balance des services affiche un confortable excédent de 147 milliards de dirhams, permettant d’absorber une partie du choc commercial.
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Néanmoins, les experts appellent à la vigilance. Il est considéré comme très risqué de compter uniquement sur cette aubaine. Pour les spécialistes, l’urgence est de transformer ces flux financiers en investissements productifs et d’accélérer l’industrialisation locale pour réduire la dépendance aux importations. Si les investissements directs étrangers (IDE) sont en hausse de 16,4%, signe que le Maroc reste attractif, le déséquilibre structurel de la balance commerciale nécessite de profondes réformes pour ne pas mettre en péril la croissance en 2026.