Le Maroc face au revers des pluies
Le royaume enregistre un excédent pluviométrique historique. Les précipitations cumulées ces derniers mois ont atteint 360 millimètres, un niveau qui dépasse de 54 % la moyenne des trente dernières années. Ce chiffre, 215% supérieur à celui de l’année dernière, marque officiellement la fin du cycle aride qui a frappé le pays, comme l’a confirmé le gouvernement.
Lire : Inondations au Maroc : l’armée déployée en urgence pour évacuer 20 000 personnes
Cet afflux d’eau a permis une reconstitution spectaculaire des réserves. Dans une réponse parlementaire, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, précise que les barrages à usage agricole stockent désormais plus de 8,2 milliards de mètres cubes. Ils affichent un taux d’occupation de 58%, contre un niveau critique de 25% à la même époque l’an dernier.
Lire : Maroc : les barrages sont pleins au Nord… mais la sécheresse menace toujours le Sud
Ce revirement climatique intervient après une crise profonde qui a réduit le cheptel national de 38%. L’impact de la sécheresse a été tel que les autorités ont dû suspendre le sacrifice rituel de l’Aïd al-Adha en juin dernier, une décision inédite depuis plusieurs décennies pour préserver le bétail restant.
L’intensité soudaine des pluies a cependant son revers dans le nord-ouest du pays. A Ksar El Kébir, l’armée reste déployée depuis jeudi pour évacuer des milliers d’habitants coincés par la crue de la rivière Loukkos. La vigilance reste maximale alors que la météo nationale annonce un pic de précipitations pour ce mercredi.