Le Maroc gèle son projet géant à Nador et reste dépendant de l’Espagne
Le ministère de la Transition énergétique a créé la surprise vendredi en annonçant la suspension du projet d’unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) au port de Nador West Med. Ce revirement stratégique implique que Rabat continue, pour l’heure, à importer son gaz via le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) depuis l’Espagne. L’année dernière, le voisin ibérique a fourni plus de 35 % de ses exportations de gaz vers le Royaume, un volume bien supérieur à celui expédié vers la France ou le Portugal.
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Si la tutelle évoque officiellement l’apparition de « nouveaux paramètres et hypothèses » pour justifier ce jugement, des frictions internes sont pointées du doigt au sein de l’exécutif. Le ministère de l’Économie et des Finances se serait opposé au projet, alerté par les risques budgétaires et les incertitudes juridiques entourant ce projet estimé à au moins 850 millions d’euros. Ce blocage témoigne d’une divergence de vues entre la stratégie de diversification énergétique et la rigueur financière imposée par le financier du pays.
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Cette suspension ne remet cependant pas en cause la construction du complexe portuaire Nador West Med lui-même, qui se poursuit. Conçu pour rééditer le succès de Tanger-Med, ce hub logistique ambitionne de concurrencer directement le port espagnol de Valence. Avec une capacité initiale prévue de 5 millions de conteneurs, l’infrastructure vise à capter une part croissante du trafic maritime en Méditerranée occidentale dès son inauguration prévue à la fin de l’année.
L’essor de ce nouveau pôle économique suscite des inquiétudes de l’autre côté de la frontière, notamment à Melilla. Les autorités de l’enclave espagnole craignent l’impact commercial de ce géant voisin, tout en déplorant la fermeture continue des douanes commerciales depuis 2018, malgré les promesses diplomatiques de réouverture.