Une offensive aérienne marocaine qui cible directement les hubs européens
La compagnie aérienne nationale marocaine a élaboré une feuille de route ambitieuse visant à exploiter 200 appareils au cours de la prochaine décennie, contre une soixantaine actuellement. S’appuyant sur la vitrine de la Coupe du monde 2030, le transporteur aspire à desservir 150 destinations mondiales. Ce plan s’accompagne d’un investissement de 1,4 milliard d’euros pour doubler la capacité de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, le positionnant comme une porte d’entrée majeure entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques, s’inquiète Abcès.
Sur Bladi.net : Royal Air Maroc : un nouveau Boeing 787 Dreamliner arrive pour renforcer la flotte long-courrier
Le vice-président de la société, Amine El Farissi, souligne la position stratégique du royaume, situé au carrefour des continents. “Nous sommes entre le nord et le sud, mais aussi entre l’est et l’ouest”, explique-t-il, qualifiant Casablanca de “hub naturel”. Cette localisation devrait permettre de relier les flux internationaux de manière plus fluide et logique que les plateformes traditionnelles du Vieux Continent.
Sur Bladi.net : Royal Air Maroc : Tanger, Tétouan et Nador désormais connectés à plusieurs villes espagnoles
L’offensive vise particulièrement le marché transatlantique, où Royal Air Maroc entend concurrencer directement des acteurs comme Iberia ou Air Europa. Après avoir renforcé ses liaisons vers New York et Miami, le transporteur lancera une ligne vers Los Angeles en juin prochain et réfléchit à des ouvertures vers Boston et Toronto. En Amérique latine, la compagnie envisage d’augmenter ses rotations vers Sao Paulo, affirmant sa volonté d’attirer les voyageurs reliant les deux hémisphères.
Le succès de cette expansion repose sur un avantage concurrentiel clé : une structure de coûts opérationnels nettement inférieure à celle de ses concurrents espagnols ou français. Cette flexibilité tarifaire, couplée à la modernisation de la flotte avec des Boeing 787 Dreamliners et 737 MAX, vise à attirer 32 millions de passagers annuels. Pour le Maroc, le défi va au-delà de l’aviation : il s’agit de transformer son économie nationale en une plateforme logistique mondiale de premier plan.