Le Pakistan propose d’accueillir des négociations entre les États-Unis et l’Iran
Pakistan propose d’accueillir des pourparlers entre Washington et Téhéran malgré des « obstacles » diplomatiques
Le Pakistan propose d’accueillir des négociations directes entre les États-Unis et l’Iran, tout en signalant des obstacles; Téhéran a autorisé 20 navires pakistanais à transiter par le détroit d’Ormuz et Islamabad intensifie sa diplomatie régionale.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a annoncé que le pays poursuivra ses efforts pour faciliter des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, offrant Islamabad comme lieu d’accueil pour des négociations significatives. Lors d’un point de presse à Islamabad, le porte-parole Tahir Andrabi a confirmé l’engagement officiel du Pakistan à promouvoir le dialogue, tout en reconnaissant l’existence d’obstacles non précisés à la conclusion d’un accord. L’annonce intervient dans un contexte de fortes tensions régionales et de récentes menaces publiques entre responsables américains et iraniens.
Proposition d’Islamabad pour des négociations directes
Le Pakistan a officiellement proposé d’héberger et de faciliter des négociations entre Washington et Téhéran, a rappelé le porte-parole. Le vice-Premier ministre et chef de la diplomatie pakistanaise, Ishaq Dar, avait déclaré le 30 mars 2026 que le pays serait prêt à accueillir des discussions « dans les prochains jours ». Islamabad soutient que les deux parties voient le Pakistan comme un intermédiaire neutre capable de créer des conditions propices à des pourparlers de fond.
Obstacles diplomatiques et menaces accrues
Andrabi a indiqué que des « défis et obstacles » subsistaient sans préciser leur nature. Ces commentaires sont survenus peu après une escalade verbale impliquant le président américain, et alors que des signaux contradictoires persistent entre Téhéran et Washington. Le gouvernement pakistanais semble prudent : il maintient une offre ferme d’accueil des pourparlers tout en admettant que l’Iran, qui jusqu’à présent a nié des négociations directes avec les États-Unis, exerce sa souveraineté sur ses choix politiques et diplomatiques.
Transit par le détroit d’Ormuz et geste de confiance de l’Iran
Comme signe de confiance, l’Iran a autorisé le transit de 20 navires battant pavillon pakistanais par le détroit d’Ormuz, a déclaré Andrabi, qualifiant cette décision de « signe avant‑coureur de la paix ». Islamabad n’a cependant pas confirmé si un navire avait effectivement traversé à la date du briefing. Le détroit d’Ormuz avait été largement perturbé depuis le 28 février 2026, date du déclenchement du conflit impliquant plusieurs acteurs régionaux, ce qui a entraîné des hausses des prix de l’énergie et de fortes tensions économiques.
Initiative conjointe sino‑pakistanaise et plan en cinq points
Le retour récent d’Ishaq Dar de Pékin a abouti à une initiative conjointe en cinq points, appelant à un cessez‑le‑feu immédiat, à un engagement diplomatique urgent et au rétablissement du trafic maritime normal dans le détroit d’Ormuz. Le plan, présenté au début avril 2026 par Islamabad, a été partagé avec l’Iran, les États-Unis et d’autres parties prenantes, selon le ministère. La Chine a exprimé son appréciation pour l’effort pakistanais, soulignant le partenariat stratégique sino‑pakistanais au cœur de ces démarches.
Rencontres ministérielles régionales à Islamabad et Riyad
La proposition pakistanaise s’inscrit dans une série de rencontres régionales : une réunion ministérielle à Islamabad a rassemblé les chefs de la diplomatie du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et de l’Égypte, quelques jours après une première rencontre similaire tenue à Riyad le 19 mars 2026. Ces consultations visent à coordonner une réponse diplomatique pour apaiser les tensions et prévenir une nouvelle escalade. Les ministres ont approuvé des mesures visant à faciliter la médiation et à créer un cadre pour des négociations élargies.
Opérations transfrontalières et dialogue avec l’Afghanistan
Parallèlement, Islamabad a confirmé l’envoi d’une délégation à Ürümqi (Chine) pour des entretiens avec des responsables afghans, premier contact substantiel depuis les frappes transfrontalières pakistanaises fin février. Le Pakistan a lancé l’opération Ghazab lil‑Haq dans la nuit du 26 février 2026, visant selon Islamabad des sanctuaires de groupes armés en Afghanistan. Après une courte pause du 18 au 23 mars 2026 liée aux célébrations de l’Aïd‑ul‑Fitr et aux demandes régionales de désescalade, le gouvernement pakistanais a indiqué que l’opération se poursuivait. Islamabad insiste pour que Kaboul prenne des mesures vérifiables contre les groupes qui opèrent depuis le sol afghan, tandis que Kaboul rejette les allégations.
L’offre d’Islamabad de servir d’hôte pour des négociations entre Washington et Téhéran illustre l’intensification des initiatives diplomatiques régionales pour contenir une crise aux répercussions énergétiques et sécuritaires larges. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les principales parties accepteront de transformer ces propositions en processus de paix tangible.