L’hôpital pour enfants de Téhéran célèbre Sizdah Bedar malgré les bombardements
Iran : des familles célèbrent Sizdah Bedar tandis que des médecins animent un hôpital pour enfants
Le 2 avril 2026 à Téhéran, des milliers de personnes ont pris part aux traditionnelles sorties de Sizdah Bedar malgré les frappes et les tensions militaires. À quelques kilomètres de là, le personnel d’un centre médical pour enfants a organisé des activités et distribué des sacs de jeux pour offrir un peu de répit aux jeunes patients et à leurs familles.
Fêtes de Sizdah Bedar au parc Pardisan le 2 avril 2026
Des milliers de familles se sont rassemblées jeudi dans le parc Pardisan, au nord-ouest de Téhéran, pour célébrer Sizdah Bedar, le treizième jour du Nouvel An perse. Les rassemblements de plein air ont eu lieu alors que les autorités et les responsables militaires ont ordonné de nouvelles frappes et menacé d’intensifier les opérations. Malgré ces annonces et les explosions signalées dans plusieurs quartiers, de nombreuses personnes ont choisi de marquer la journée de la nature en famille, selon des témoins présents sur place.
Initiative du personnel du Centre médical pour enfants
À proximité du centre-ville, des médecins résidents et des internes du Centre médical pour enfants, affilié à l’université médicale de Téhéran, ont mis en commun leurs ressources personnelles et des dons pour organiser des activités destinées aux enfants hospitalisés. L’objectif affiché était d’atténuer l’anxiété des jeunes patients privés de sorties familiales à cause de leur état de santé et du contexte sécuritaire. Les activités comprenaient des ateliers de dessin et de peinture, des spectacles, du maquillage et des jeux avec des ballons.
Animations, costumes et distribution de sacs ludiques
Sur place, le personnel soignant a revêtu des costumes de personnages pour enfants — figurines et animaux de dessins animés — et a accompagné des séances de chants et de danse adaptées aux plus jeunes. Les enfants ont pu exposer leurs peintures, inspirées de thèmes du Norouz comme la table Haft Sin et Sizdah Bedar, laisser des empreintes de main sur des panneaux et repartir avec des sacs contenant jouets et nourriture. Ces gestes ont été pensés pour recréer, autant que possible, l’atmosphère festive que les familles auraient vécue à l’extérieur.
Capacité hospitalière et variations des admissions
Avant le début du conflit actuel, le service pédiatrique accueillait environ 400 enfants. Depuis le déclenchement des frappes, le nombre de patients a chuté à moins de 100, plusieurs parents ayant préféré déplacer leurs enfants vers des établissements situés dans d’autres villes jugés plus sûrs. Toutefois, les admissions d’urgence ont connu une hausse dans les deux jours suivant les célébrations, ce qui pourrait annoncer un rebond de l’activité après les fêtes de Norouz. Les organisateurs estiment que l’hôpital est en mesure de reprendre rapidement un niveau de fonctionnement normal si la situation sécuritaire le permet.
Pression psychologique sur les familles et le personnel soignant
Le personnel médical souligne la forte charge mentale à laquelle sont confrontés aussi bien les familles que les soignants. Les enfants hospitalisés supportent le stress lié à leur maladie aggravé par les bruits d’explosions et les risques de frappes dans la région. Les médecins organisateurs ont indiqué que, parallèlement aux actions ludiques, ils essaient d’apporter un soutien émotionnel continu aux parents et aux enfants pour diminuer l’anxiété et favoriser la coopération au traitement.
Les responsables du centre ont déclaré ne pas manquer de médicaments pour le moment et ont exprimé l’intention de poursuivre ces initiatives aussi longtemps que nécessaire, dans la mesure des ressources disponibles. Ils ont également rappelé leur engagement à maintenir les soins et à soulager la douleur des enfants, malgré les conditions exceptionnelles.