Le Maroc lance sa première stratégie de gestion des finances publiques jusqu’en 2032
Le Maroc présente sa première stratégie nationale de gestion des finances publiques pour l’horizon 2032
Le Maroc dévoilera le 8 avril 2026 sa première stratégie nationale de gestion des finances publiques jusqu’en 2032, accompagnée d’une réforme de la loi organique et d’un cadre d’investissements publics.
Le gouvernement marocain annonce la publication, le 8 avril 2026, de sa première stratégie nationale dédiée à la gestion des finances publiques (GEP) couvrant la période jusqu’en 2032. Ce document stratégique, présenté comme une feuille de route à long terme, sera mis en œuvre via l’adoption prochaine d’une réforme de la loi organique relative aux finances et par l’application d’un cadre de gestion des investissements publics. La présidence du comité interministériel chargé du pilotage de cette réforme a été confiée à Fouzi Lekjaâ.
Un cadre stratégique jusqu’en 2032
La stratégie fixe un horizon décennal et ambitionne d’instaurer des règles et mécanismes stables pour encadrer les politiques budgétaires et les investissements publics. Pour le gouvernement, l’intérêt est de passer d’approches ponctuelles à une gouvernance financière coordonnée et prévisible sur le long terme. Le document vise à clarifier les objectifs macro-fiscaux, à renforcer la discipline budgétaire et à améliorer la planification pluriannuelle des dépenses.
Réforme de la loi organique des finances attendue
L’un des leviers majeurs annoncés est la révision de la loi organique des finances. Cette réforme législative vise à moderniser le cadre juridique qui gouverne l’élaboration, l’exécution et le contrôle du budget de l’État. Le gouvernement indique que la nouvelle loi organique devrait préciser les rôles des acteurs, introduire des dispositifs de responsabilisation et intégrer des outils pluriannuels tels que des cadres budgétaires à moyen terme. L’adoption parlementaire de ces modifications constituera une étape clé pour rendre la stratégie opérationnelle.
Pilotage interministériel confié à Fouzi Lekjaâ
Le pilotage de la réforme sera assuré par un comité interministériel présidé par Fouzi Lekjaâ. Ce dispositif de gouvernance vise à garantir la coordination entre les ministères concernés — notamment les finances, l’économie, l’investissement et le secteur public — ainsi qu’avec les acteurs chargés du contrôle et de l’évaluation. La présidence du comité implique la responsabilité de suivre l’exécution, d’arbitrer les priorités et de veiller à l’alignement des politiques publiques sur les orientations stratégiques.
Gestion des investissements publics au cœur de la stratégie
La stratégie met l’accent sur un cadre de gestion des investissements publics destiné à améliorer la sélection, la priorisation et le suivi des projets d’infrastructure et des dépenses d’investissement. L’objectif annoncé est de maximiser l’impact économique et social des ressources engagées, d’éviter les chevauchements et de réduire les risques de surcoûts ou d’inefficacité. Le cadre devrait inclure des critères d’évaluation, des outils d’analyse coût-bénéfice et des mécanismes de suivi périodique des projets.
Effets attendus sur la transparence, la soutenabilité et la performance
Parmi les attentes figurent une meilleure transparence des finances publiques, un renforcement de la soutenabilité de la dette et une amélioration de la performance des dépenses publiques. La stratégie vise à rendre les informations budgétaires plus accessibles et comparables, à renforcer les contrôles internes et externes, et à établir des indicateurs de performance pour mesurer les résultats. Ces mesures sont présentées comme nécessaires pour restaurer la confiance des partenaires institutionnels et pour optimiser l’utilisation des ressources publiques.
Calendrier de mise en œuvre et étapes opérationnelles
La mise en œuvre se déroulera en plusieurs étapes: publication de la stratégie (8 avril 2026), examen et adoption de la réforme de la loi organique, mise en place du cadre de gestion des investissements, et déploiement progressif des outils de suivi et de reporting. Le comité interministériel présidé par Fouzi Lekjaâ aura pour mission d’établir un calendrier détaillé, d’identifier les ressources nécessaires et de coordonner la formation et le renforcement des capacités au sein des administrations concernées.
La publication de cette stratégie marque une étape institutionnelle importante pour la gouvernance financière du pays. Sa réussite dépendra de la qualité de la mise en œuvre législative, de la coordination interinstitutionnelle et de la capacité à traduire les orientations stratégiques en actions concrètes et mesurables.