Jeunes diplômés payés au SMIG, Miloudi Moukharik dénonce le désordre du marché du travail
Des diplômés payés au SMIG : le syndicat alerte sur un « profond désordre » du marché du travail
Le secrétaire général de l’Union marocaine du travail dénonce, le 17 avril 2026, que des jeunes diplômés sont rémunérés au SMIG, illustrant un désordre persistant sur le marché de l’emploi.
Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail, a pointé, le 17 avril 2026, une réalité inquiétante du marché de l’emploi : « Nous constatons aujourd’hui que des jeunes diplômés, licenciés ou titulaires de masters, sont rémunérés au Smig. Cela traduit un profond désordre du marché du travail. » Cette prise de position syndicale met en lumière une tendance d’emplois précaires affectant des profils formés, et relance le débat sur la qualité des postes offerts aux nouveaux entrants.
Contexte de la déclaration
La remarque du dirigeant syndical intervient alors que plusieurs indicateurs du marché du travail montrent un recul de l’emploi formel et une augmentation de formes d’emploi atypiques. Le phénomène concerne particulièrement des jeunes diplômés entrant sur le marché, qui voient leurs qualifications peu valorisées au moment de la négociation salariale. Le constat syndical met en tension les objectifs de lutte contre le chômage des jeunes et la réalité des pratiques salariales observées dans certains secteurs.
Constat syndical sur les salaires
Le syndicat relève que des employeurs recrutent des titulaires de licences et de masters pour des rémunérations au niveau du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), sans lien apparent avec le niveau de qualification requis. Ce écart entre diplôme et rémunération soulève des questions sur la valorisation des compétences, l’application des grilles salariales et la responsabilité des branches professionnelles dans la fixation des salaires.
Impact sur les jeunes diplômés
La rémunération au SMIG pour des postes demandant un diplôme supérieur contribue à l’appauvrissement relatif des jeunes diplômés, réduit l’attractivité des filières de formation et peut entraîner une perte d’investissements privés et publics dans l’éducation. À court terme, cela accroît la frustration et pousse certains diplômés vers le travail informel ou l’émigration professionnelle, tandis qu’à long terme, cela risque de fragiliser la cohérence entre formation et emploi.
Causes du désordre sur le marché du travail
Plusieurs facteurs expliquent ce décalage : une offre d’emploi insuffisante et concentrée sur des postes peu qualifiés, une inadéquation entre compétences produites et besoins des entreprises, la pression concurrentielle sur les coûts salariaux et des pratiques contractuelles favorisant la précarité. L’absence d’une réglementation stricte encadrant la correspondance diplôme–rémunération et le recours aux contrats temporaires aggravent également la situation.
Répercussions économiques et sociales
Le phénomène a des conséquences macroéconomiques et sociales. Une sous-valorisation des compétences freine la productivité et l’innovation, diminue la consommation des ménages de jeunes actifs et alourdit les charges sociales si ces emplois restent informels. Socialement, la perception d’un marché du travail injuste mine la confiance dans les institutions et accroît les tensions sociales, en particulier dans les régions où le taux de chômage des jeunes est élevé.
Demandes et propositions syndicales
Le syndicat appelle à des mesures coordonnées : renforcement des contrôles pour veiller au respect des conventions collectives, ajustement des grilles salariales sectorielles, incitations à la création d’emplois qualifiés et programmes de transition entre formation et emploi. Les propositions incluent aussi le développement de partenariats entre entreprises et centres de formation pour mieux aligner les compétences et la promotion de contrats protégés favorisant la montée en qualification.
Des acteurs économiques, représentants patronaux et autorités publiques sont désormais confrontés à la nécessité de traduire ces constats en actions concrètes. Sans réponses ciblées, la précarisation des diplômés risque d’enrayer les efforts de développement humain et économique, et de creuser davantage le fossé entre formation et emploi.