UMT critique les promesses non tenues et fixe ses conditions avant le 1er mai
L’UMT dresse la liste des promesses non tenues et pose ses conditions avant le 1er mai 2026
À l’approche du 1er mai 2026, l’UMT dresse le bilan des promesses non tenues — fiscalité, retraites, dialogue social, précarité — et exige mesures concrètes.
L’Union marocaine du travail (UMT) a rendu public un bilan critique des engagements qu’elle estime non respectés par les autorités et les employeurs, à dix-huit jours du 1er mai 2026. Le syndicat a formulé une série de conditions préalables à la poursuite des négociations et menace d’intensifier les mobilisations si des réponses concrètes ne sont pas apportées rapidement. Le document présenté par l’UMT souligne quatre grands axes : fiscalité, retraites, dialogue sectoriel et lutte contre la précarité.
Constat des engagements non respectés
Le rapport de l’UMT rappelle des promesses formulées lors de précédentes discussions tripartites et bilatérales qui, selon le syndicat, n’ont pas été suivies d’effets tangibles. Le syndicat pointe notamment l’absence de mesures correctives pour alléger la charge fiscale pesant sur les bas et moyens revenus, le retard dans la mise en œuvre d’un plan clair pour les retraites et la reprise insuffisante du dialogue social sectoriel. L’UMT note aussi une détérioration des conditions de travail dans plusieurs branches et une augmentation des emplois précaires sans perspectives de stabilisation.
Demandes fiscales et salariales prioritaires
Parmi les revendications, l’UMT insiste sur la révision des mesures fiscales qui affectent le pouvoir d’achat des ménages. Le syndicat demande une réforme ciblée des impôts indirects et des exonérations mieux orientées vers les ménages modestes. Sur le plan salarial, l’UMT réclame l’ouverture immédiate de négociations pour une revalorisation des salaires, la revalorisation du salaire minimum et des mécanismes automatiques d’indexation liés à l’inflation afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs.
Retraites et protection sociale en point d’alerte
La question des retraites figure au centre des préoccupations. L’UMT alerte sur la fragilité du système de protection sociale et sur le besoin urgent d’une stratégie nationale garantissant la pérennité des pensions et l’équité intergénérationnelle. Le syndicat demande l’abandon de toute mesure susceptible de réduire les droits acquis et réclame des garanties pour l’amélioration des prestations sociales, ainsi que l’ouverture d’un dialogue technique incluant des experts et les représentants des salariés.
Dialogue sectoriel: calendrier et acteurs sollicités
L’UMT appelle à la relance effective du dialogue sectoriel dans les secteurs clés de l’économie, avec un calendrier précis et des engagements écrits. Le syndicat demande que soient impliqués les partenaires sociaux, les représentants des employeurs et les ministères concernés, et propose des échéances claires pour l’examen des revendications sectorielles. L’objectif affiché est d’obtenir des accords contraignants et vérifiables plutôt que des promesses verbales.
Mesures urgentes pour lutter contre la précarité de l’emploi
Face à la montée des formes d’emploi précaire, l’UMT propose un plan de mesures urgentes : régularisation des contrats temporaires abusifs, renforcement des inspections du travail, extension de la couverture sociale aux travailleurs non déclarés et encadrement des stages et contrats d’apprentissage. Le syndicat insiste sur la nécessité d’un dispositif de transition qui offre des passerelles vers des emplois stables et protégés.
Risque de mobilisation le 1er mai 2026
À l’approche du 1er mai 2026, journée internationale des travailleurs, l’UMT prévient que des actions de masse pourront être organisées si ses demandes ne donnent pas lieu à des réponses concrètes et à un calendrier de négociation. Le syndicat maintient la possibilité d’appels à la grève sectorielle et de manifestations nationales, tout en déclarant privilégier d’abord la voie du dialogue si des garanties sérieuses sont apportées.
La position de l’UMT met la pression sur les pouvoirs publics et les partenaires sociaux à quelques jours d’une date symbolique. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si un compromis encadré et formalisé pourra être trouvé, ou si le pays assistera à une montée des tensions sociales.