Soudan du Sud menacé de famine selon l’ONU face à l’intensification des combats
Soudan du Sud : l’ONU alerte sur un risque imminent de famine
Tom Fletcher avertit d’un risque de famine au Soudan du Sud : 7,5 millions de personnes auront besoin d’aide, combats à Jonglei, inondations et destructions d’infrastructures.
Le 17 avril 2026, le coordonnateur humanitaire de l’ONU a sonné l’alarme sur l’aggravation rapide de la crise au Soudan du Sud, avertissant que le pays se trouve à un carrefour dangereux et qu’il court un risque réel de basculer vers une famine à grande échelle. Pendant sa mission sur le terrain, Tom Fletcher a décrit des destructions d’installations vitales et une détérioration généralisée de la sécurité alimentaire, et il a appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité à agir sans délai pour empêcher un effondrement humanitaire.
Avertissement du coordonnateur humanitaire de l’ONU
Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, a demandé au Conseil de sécurité d’intervenir pour empêcher la détérioration en catastrophe de la situation. Il a mis en garde contre la possibilité qu’un prochain briefing doive mentionner la famine, soulignant que la faim « resserre son emprise » sur l’ensemble du pays. Sa visite d’une semaine a permis de constater des besoins humanitaires massifs et des dommages aux capacités locales de réponse, alimentant l’urgence de mesures coordonnées.
Risque de famine pendant la période de soudure
Les autorités onusiennes estiment que plus de 7,5 millions de personnes auront besoin d’une aide alimentaire en 2026, avec des niveaux d’insécurité alimentaire d’urgence attendus dans dix États au cours de la période de soudure, qui s’étend jusqu’à la fin juillet. Cette période, caractérisée par la raréfaction des récoltes et l’épuisement des réserves familiales, expose des millions de foyers à une vulnérabilité critique, susceptible d’entraîner des taux de malnutrition élevés et des décès évitables si l’assistance n’est pas rapidement intensifiée.
Infrastructures humanitaires ciblées et inondations répétées
Sur le terrain, Fletcher a signalé des complexes humanitaires pillés et des centres de nutrition détruits, notamment autour d’Akobo, dans l’État de Jonglei, où plus de 140 000 personnes sont dans un besoin aigu d’assistance. Parallèlement, des inondations persistantes coupent les communautés et détruisent les moyens de subsistance, aggravant la perte de récoltes et l’accès aux marchés. Ces facteurs conjoints réduisent la capacité des ONG et des autorités locales à répondre aux besoins et compliquent la livraison de l’aide humanitaire.
Escalade des combats à Jonglei et déplacements massifs
La situation sécuritaire s’est détériorée depuis la fin de l’année dernière, avec une intensification des affrontements entre les Forces de défense populaires du Soudan du Sud et des groupes d’opposition, dont le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition. Une offensive de fin janvier, qui a suivi la prise d’avant-postes gouvernementaux en décembre, a contraint plus de 280 000 civils à fuir leurs foyers. La cheffe de la MINUSS, Anita Kiki Gbeho, a rappelé au Conseil de sécurité que les civils continueront de subir les conséquences directes de ces combats tant que la violence se poursuivra.
Demandes formulées au Conseil de sécurité et mandat de la MINUSS
Fletcher a réclamé un accès humanitaire sans entrave, des financements plus flexibles et l’exigence que toutes les parties respectent pleinement le droit international humanitaire, protégeant ainsi les civils et les infrastructures essentielles. Le Conseil de sécurité examine le renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), dont la validité court jusqu’au 30 avril. Les responsables de la mission ont indiqué que l’ampleur et l’urgence des besoins sur le terrain ne correspondent pas encore à l’engagement et à l’investissement requis pour consolider une trajectoire durable vers la paix.
La convergence des facteurs — insécurité persistante, destructions d’installations sanitaires et alimentaires, inondations saisonnières et manque de financement flexible — crée un cadre où la réponse humanitaire risque d’être insuffisante si des mesures immédiates ne sont pas prises. Le Conseil de sécurité et les bailleurs doivent décider s’ils renforcent l’assistance et la protection des civils pour empêcher la crise de se transformer en catastrophe humanitaire.