Amnesty accuse Israël la Russie et les États-Unis de détruire les droits humains
Rapport mondial alerte sur l’érosion des droits humains : Israël, Russie et États-Unis pointés du doigt
Un rapport annuel affirme qu’Israël, la Russie et les États-Unis ont contribué à l’effondrement des protections des droits humains, détaillant conflits, répressions et chiffres marquants en 2025.
Le dernier rapport annuel sur l’état des droits humains dresse un bilan sévère : trois grandes puissances sont accusées d’avoir accéléré l’érosion des droits fondamentaux à l’échelle mondiale et d’avoir encouragé des comportements imitatifs qui fragilisent l’ordre international. Publié mardi, le document décrit un recul généralisé des libertés civiles, une multiplication des violences armées et une normalisation des attaques contre les populations civiles depuis 2023 et tout au long de 2025.
Accusations contre trois puissances
Le rapport identifie Israël, la Russie et les États-Unis comme des acteurs dont les politiques et actions ont eu un « impact absolument dramatique » sur le respect des normes internationales. Il souligne que la conduite de ces États a non seulement entraîné des violations directes mais a aussi servi d’exemple pour d’autres régimes et groupes armés. Selon le texte, l’acceptation ou l’apaisement par d’autres gouvernements de comportements violents a contribué à étendre un climat de permissivité autour des atteintes aux droits humains.
Bilan chiffré des conflits récents
Le document fournit des estimations lourdes en pertes humaines : plus de 3 000 morts résultant d’une attaque américano-israélienne contre l’Iran, près de 2 400 civils tués au Liban lors d’opérations israéliennes, et plus de 72 500 personnes tuées à Gaza depuis octobre 2023. En Ukraine, le rapport mentionne plus de 15 000 décès depuis le début de l’invasion russe à grande échelle. Ces chiffres, présentés comme confirmés par le rapport, illustrent l’ampleur des crises humanitaires contemporaines et le coût humain des stratégies militaires adoptées par certains États.
Intensification des pratiques autoritaires
Au-delà des conflits armés, l’analyse met en lumière une intensification des pratiques autoritaires dans de nombreux pays. Les restrictions sur les libertés d’expression et de manifestation se multiplient, tandis que la répression des mouvements de solidarité et des organisations d’action directe est signalée comme un phénomène en hausse. Des exemples de politiques discriminatoires sont mis en avant, notamment des interdictions d’accès à l’éducation et au travail pour les femmes dans certains territoires contrôlés par les talibans, ainsi que des carences d’enquête sur des violences sexuelles ciblant des femmes issues de castes marginalisées ailleurs.
Cas régionaux et exemples concrets
Le rapport passe en revue des situations pays par pays, allant de l’Afghanistan au Zimbabwe, et met l’accent sur les zones où l’État de droit est le plus attaqué. Il souligne que l’impunité et l’absence de réponses internationales cohérentes ont permis la répétition d’abus graves. Les violences contre les civils au Moyen-Orient sont présentées comme le produit d’une « descente vers l’anarchie » où la guerre et les meurtres de civils tendent à être banalisés.
Réactions politiques et position de l’Espagne
L’examen note que la majorité des gouvernements optent pour l’apaisement plutôt que pour la confrontation des acteurs responsables. Toutefois, il cite l’Espagne comme un exemple d’État européen prenant une position plus critique à l’égard des actions menées à Gaza et de certaines opérations militaires dirigées contre l’Iran. Cette singularité est présentée comme une rupture avec un double standard qui, selon le rapport, affaiblit davantage le système international de protection des droits.
Mouvements de résistance et recours juridiques
Malgré un tableau sombre, le rapport relève des motifs d’espoir : mobilisation citoyenne, manifestations portées par les jeunes générations, et recours à des mécanismes juridiques internationaux. Sont mentionnées des procédures judiciaires et des actions collectives engagées devant des tribunaux internationaux et régionaux, ainsi que des enquêtes et mandats d’arrêt visant des responsables pour des crimes allégués. Ces démarches sont présentées comme des signes d’une résistance qui pourrait freiner, à terme, la banalisation des violences d’État.
Le rapport conclut en appelant à une réaction coordonnée et plus ferme des États et des institutions internationales pour restaurer les normes relatives aux droits humains et mettre un terme à l’immunité de fait dont bénéficient certains acteurs. Il insiste sur la nécessité d’une réponse politique et judiciaire soutenue pour limiter la propagation de modèles de violence et protéger les populations civiles les plus exposées.