Quinze demandeurs d’asile sud‑américains expulsés vers la RDC dénoncent pressions pour rentrer
Quinze migrants sud-américains expulsés vers la RDC disent subir des pressions pour rentrer malgré les risques
Quinze migrants sud-américains expulsés des États-Unis vers la RDC disent subir des pressions pour rentrer chez eux, malgré des risques pour leur sécurité.
Une quinzaine de migrants et demandeurs d’asile originaires de Colombie, du Pérou et d’Équateur ont été transférés des États-Unis vers la République démocratique du Congo (RDC) la semaine dernière dans le cadre d’un accord de réadmission vers un pays tiers. Parmi eux figurent plusieurs femmes qui affirment ne pas avoir eu d’autre option crédible que d’accepter un retour vers leurs pays d’origine, malgré des menaces et des risques documentés pour leur sécurité. Les récits recueillis auprès des personnes expulsées décrivent une pression systématique, des conditions de transport contraignantes et des dossiers d’asile antérieurs qui, selon des décisions judiciaires antérieures, faisaient état d’un risque sérieux en cas de renvoi vers leur pays natal.
Transfert de 15 migrants vers la RDC
Le groupe de quinze personnes a été transporté vers la RDC dans le cadre d’une procédure de transfert vers un pays tiers mise en œuvre par l’administration américaine depuis le retour à la présidence de Donald Trump. Les expulsions concernent des personnes provenant majoritairement d’Amérique du Sud; plusieurs des personnes déportées avaient présenté des demandes d’asile aux États-Unis. Des témoignages rapportent que le vol a duré près de 27 heures et que certains passagers ont voyagé menottés aux mains et aux pieds, une mesure qui a amplifié l’inquiétude sur les conditions du transfert.
Témoignages de femmes confrontées à la pression de retour
Plusieurs femmes du groupe ont décrit un climat d’intimidation les poussant à accepter un retour vers leurs pays d’origine. L’une d’elles a déclaré qu’elle se sentait contrainte d’accepter le renvoi “quels que soient les risques”. Une autre a affirmé: “Je ne voulais pas aller au Congo. J’ai peur, je ne connais pas la langue.” Ces témoignages soulignent la vulnérabilité particulière des migrantes, notamment celles ayant fui violences, persécutions ou abus conjugaux, qui se retrouvent néanmoins transférées vers un territoire étranger et parfois hostile.
Dossiers d’asile antérieurs et décisions judiciaires
Parmi les personnes expulsées figurent des demandeurs d’asile ayant présenté des éléments détaillant des persécutions subies dans leur pays d’origine. Une femme a mentionné dans sa demande d’asile déposée en janvier 2024 avoir été kidnappée et torturée par un groupe armé et avoir subi des violences de la part d’un ex-compagnon, ancien membre des forces de l’ordre. Un juge en matière d’immigration avait rendu une décision en mai 2025 estimant qu’elle encourait un risque non négligeable de torture si elle était renvoyée dans son pays. Malgré ces antécédents judiciaires, la personne a néanmoins été incluse dans le transfert vers la RDC.
Conditions du transfert et inquiétudes sécuritaires
Les transferts vers des pays tiers consistent à envoyer des personnes vers des lieux qu’elles ne connaissent pas et où elles n’ont souvent aucun réseau de soutien. La RDC est régulièrement citée pour ses problèmes de sécurité et ses préoccupations en matière de droits humains dans certaines régions, ce qui accroît les craintes quant à la protection effective des personnes renvoyées. Le fait que des déportés voyagent enchaînés soulève également des questions sur le respect des normes minimales en matière de traitement des personnes privées de liberté et sur la proportionnalité des mesures de contrainte utilisées.
Critiques des défenseurs des droits et stratégie d’intimidation alléguée
Des organisations et des avocats spécialisés en droit des migrations dénoncent ces transferts comme une stratégie visant à intimider les migrants et demandeurs d’asile, pour les dissuader de poursuivre leurs démarches de protection aux États-Unis. Ces critiques affirment que l’objectif apparent est de placer des personnes dans des contextes si étrangers et instables qu’elles renoncent à leurs procédures et acceptent un retour volontaire dans des conditions dangereuses. Des représentants juridiques des personnes concernées indiquent étudier des voies de recours et signalent que des mesures immédiates de protection devraient être envisagées.
Conséquences juridiques et humanitaires à court terme
À court terme, les personnes transférées se trouvent dans une zone de forte vulnérabilité: sans soutien local, sans accès garanti à une procédure de protection en RDC et parfois avec des besoins médicaux ou psychologiques non traités après des violences subies. Sur le plan juridique, ces transferts risquent d’engendrer des contestations devant des instances nationales et internationales si des violations de droits fondamentaux sont démontrées. Les autorités humanitaires et des acteurs de la société civile appellent à une surveillance accrue et à des mécanismes permettant d’évaluer les risques individuels avant toute décision de renvoi vers un pays tiers.
Les éléments rapportés soulignent la tension entre politiques migratoires restrictives et obligations de protection internationale. Les prochains jours seront déterminants pour la situation immédiate des personnes transférées et pour d’éventuelles actions judiciaires visant à contester la légalité des expulsions vers des pays tiers lorsque des risques sérieux pour la sécurité des individus peuvent être établis.