Inclusion financière rurale au SIAM de Meknès lancement de la deuxième phase nationale
Meknès : Ahmed El Bouari plaide pour une inclusion financière rurale renforcée au SIAM
À Meknès (23 avril 2026), le ministère de l’Agriculture lance la 2e phase de la stratégie d’inclusion financière pour soutenir agriculteurs, femmes et jeunes.
Ahmed El Bouari a appelé, jeudi 23 avril 2026 à Meknès, à une mobilisation collective pour accélérer l’inclusion financière en milieu rural, lors d’une conférence tenue en marge du 18e Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM). Dans une allocution lue par le directeur financier du ministère, Mohamed Ouhssain, le ministre a souligné que la transformation du secteur agricole exige un écosystème financier accessible, performant et adapté aux spécificités locales, notamment face aux changements climatiques et aux mutations économiques.
Contexte et enjeux soulevés à Meknès
La conférence a dressé un constat clair : l’accès limité aux services financiers formels demeure un frein à la résilience et à la modernisation des exploitations rurales. Le ministère a rappelé que la Stratégie nationale d’inclusion financière, conduite avec le ministère de l’Économie et des Finances et Bank Al-Maghrib, vise à élargir l’accès, améliorer la qualité des services et promouvoir leur usage effectif, en particulier pour les petits exploitants, les femmes et les jeunes.
Axes prioritaires de la deuxième phase
La deuxième phase de la feuille de route de la stratégie met l’accent sur les segments les plus vulnérables et sur des interventions ciblées à fort impact socio-économique. Le ministère a détaillé des priorités opérationnelles : éducation financière, digitalisation des services, développement des paiements mobiles, extension de l’assurance agricole inclusive, et facilitation de l’accès à des financements adaptés au rythme et aux risques du secteur.
Mesures concrètes annoncées par le ministère
Parmi les mesures annoncées figurent le renforcement des programmes d’éducation financière destinés aux exploitants ruraux, l’appui à des solutions numériques simplifiées pour les paiements et la gestion des comptes, ainsi que des mécanismes de crédit calibrés pour les petites exploitations. L’objectif affiché est de réduire les coûts d’accès aux services, d’augmenter l’usage des produits financiers formels et d’améliorer la capacité des agriculteurs à investir dans des pratiques durables.
Partenariat signé avec l’APEP
En marge de la conférence, le ministère a signé une convention-cadre avec l’Association Professionnelle des Établissements de Paiement (APEP), en présence de sa présidente, Maha Kohen. Cet accord vise à promouvoir des solutions de paiement innovantes et inclusives, conçues pour répondre aux réalités du monde rural : paiements mobiles hors réseau, systèmes de facturation simplifiée, et services de trésorerie adaptés aux cycles agricoles.
Impacts attendus pour la souveraineté et la résilience agricole
Les acteurs ont insisté sur le lien entre inclusion financière et souveraineté alimentaire : faciliter l’accès au financement et aux assurances réduit la vulnérabilité des exploitations face aux aléas climatiques, encourage la diversification des cultures et soutient les investissements dans des techniques résilientes. La focalisation sur les femmes et les jeunes vise aussi à stimuler l’emploi rural, la valeur ajoutée locale et la réduction des disparités territoriales.
Concertation entre public et privé au service du développement
La conférence a servi de plateforme d’échanges entre autorités publiques, banques centrales, opérateurs de paiement et représentants du secteur privé. Les intervenants ont mis en avant la nécessité d’aligner instruments financiers, formation et infrastructures numériques pour créer des synergies durables. L’approche combinera interventions publiques ciblées et incitations pour les acteurs privés à déployer des offres adaptées.
En conclusion, le message central porté à Meknès est que l’inclusion financière rurale ne se réduit pas à l’ouverture de comptes : elle exige des produits pertinents, une éducation ciblée, des infrastructures numériques accessibles et des partenariats solides. La deuxième phase de la stratégie nationale, avec des accords comme celui signé avec l’APEP, vise à transformer ces principes en actions mesurables afin d’améliorer les capacités d’investissement et la résilience des exploitations rurales, et de réduire ainsi les inégalités entre territoires.