Cour des comptes pointe les failles de la gestion des cimetières au Maroc
La Cour des comptes dénonce des lacunes graves dans la gestion des cimetières au Maroc
Rapport de la Cour des comptes : insuffisances structurelles et administratives compromettent la gestion des cimetières au Maroc, appel à des réformes urgentes.
La Cour des comptes, dans son rapport rendu public le 24 avril 2026, signale de multiples insuffisances affectant la gestion des cimetières au Maroc. Le document met en lumière des déficits administratifs, financiers et techniques qui entravent l’entretien, la planification et la traçabilité des espaces funéraires. Ces défaillances ont des répercussions directes sur la dignité des défunts, la tranquillité des familles et, dans certains cas, sur la santé publique.
Constat général posé par la Cour des comptes
Le rapport décrit une absence de gouvernance cohérente au niveau national et local. Les compétences et responsabilités sont fragmentées entre communes, collectivités et administrations, ce qui crée des zones d’ombre dans le suivi des cimetières. Plusieurs municipalités ne disposent ni d’un inventaire précis des emplacements, ni d’un cadastre réactualisé, ni d’un fichier nominatif des concessions. Le manque de procédures normalisées aggrave les risques d’erreurs d’inhumation et de conflits fonciers.
Défaillances administratives et gestion financière
La Cour identifie des insuffisances dans la tenue des registres et des archives, ainsi qu’une transparence limitée sur l’utilisation des recettes liées aux services funéraires. Des facturations hétérogènes, des concessions mal documentées et un suivi budgétaire lacunaire sont régulièrement observés. Ces carences compliquent la planification des investissements nécessaires à l’entretien et au développement des emplacements funéraires.
Problèmes d’infrastructures et d’entretien des sites
De nombreux cimetières manquent d’infrastructures de base : voies d’accès stabilisées, systèmes d’évacuation des eaux pluviales, murs de protection et signalétique. L’entretien est souvent irrégulier, les équipements sanitaires insuffisants et la gestion des déchets organiques et inertes peu encadrée. Ces déficiences entraînent une dégradation progressive des sites et réduisent leur capacité d’accueil.
Enjeux sanitaires et impact sur les familles
La mauvaise gestion des espaces funéraires peut générer des nuisances et des risques sanitaires, en particulier lorsque les sites s’étendent sans contrôle dans des zones densément peuplées. Les familles font état de difficultés d’accès, de délais d’inhumation plus longs et d’un manque d’information sur les concessions. La perte de traçabilité des sépultures compromet la possibilité de retrouver des tombes et nuit à la mémoire des défunts.
Recommandations techniques et institutionnelles proposées
La Cour propose un ensemble de mesures visant à renforcer la gouvernance : établissement d’un cadastre national des cimetières, création de registres numériques nominatif des concessions, clarification des responsabilités entre échelons territoriaux, et mise en place d’un cadre financier transparent pour les recettes funéraires. Le rapport préconise aussi des formations dédiées pour les gestionnaires municipaux et l’instauration d’indicateurs de performance pour le suivi des interventions.
Calendrier et responsabilités pour la mise en œuvre
Le rapport invite les autorités à adopter un plan d’action avec des échéances précises et une répartition claire des responsabilités. Il recommande que les priorités se concentrent sur l’inventaire des sites, l’établissement des procédures normalisées, puis sur la modernisation progressive des infrastructures. Le renforcement des capacités locales et l’octroi de ressources ciblées figurent parmi les leviers nécessaires pour accélérer les réformes.
La publication de ce rapport relance le débat sur la place accordée à la gestion funéraire dans les politiques publiques locales. Une mise en œuvre rapide des recommandations permettrait d’améliorer la transparence, de préserver la dignité des défunts et de réduire les tensions sociales liées aux pratiques d’inhumation. Dans un contexte de croissance urbaine et de pression foncière, la modernisation de la gestion des cimetières apparaît comme une priorité urgente pour garantir des services respectueux et durables.