Maroc hors CAN 2028 cap sur Mondial 2030 et Mondial des Clubs 2029
Maroc : cap sur le Mondial 2030 et le Mondial des Clubs 2029, éloignement des compétitions africaines
Le Maroc recentre sa stratégie footballistique sur des événements mondiaux, renonçant progressivement au rôle de « roue de secours » pour les tournois africains et visant l’organisation du Mondial 2030 et du Mondial des Clubs 2029.
Le royaume confirme qu’il accueillera la CAN des moins de 17 ans jusqu’au 2 juin, mais adopte une posture plus sélective vis‑à‑vis des compétitions continentales majeures. Ce repositionnement se traduit par une probabilité réduite d’une candidature marocaine pour la CAN 2028 et par des demandes répétées de reports concernant certaines compétitions africaines, qui ont tendu les relations avec la direction du football continental. En parallèle, Rabat concentre ses moyens sur la coorganisation du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal et sur une candidature pour la Coupe du monde des clubs de la FIFA en 2029.
Retrait progressif des compétitions africaines
Le calendrier sportif et les priorités d’organisation du Maroc ont évolué : après avoir maintenu l’accueil de la CAN U17, les autorités sportives ont progressivement réduit leur implication dans d’autres tournois africains. Cette réorientation se traduit par l’absence probable d’une candidature pour la CAN 2028 et par des reports sollicités pour la CAN féminine et le tournoi de futsal. Le changement de cap répond à une stratégie globale visant à canaliser ressources et visibilité vers des compétitions planétaires.
Tensions avec la gouvernance africaine du football
Le retrait partiel du Maroc a provoqué des frictions avec les instances africaines. L’absence de responsables marocains à des réunions continentales clés et les demandes de décalage de calendriers ont été perçues comme un manque de coopération, créant un climat de mécontentement au sein des organes dirigeants du football africain. Ces tensions illustrent le coût diplomatique d’un réalignement stratégique reposant sur des ambitions internationales.
Ambitions précises pour le Mondial 2030
Sur le dossier du Mondial 2030, le Maroc entend jouer un rôle de premier plan au sein du trio ibéro-nord-africain. Le royaume vise notamment l’organisation du match d’ouverture et de la finale, avec l’ambition d’accueillir ce dernier au futur stade Hassan‑II de Benslimane, dont la capacité annoncée avoisine 115 000 places. Cette volonté d’obtenir les rencontres phares souligne la détermination marocaine à ne pas se contenter d’un rôle secondaire lors d’un événement de cette ampleur.
Candidature pour la Coupe du monde des clubs 2029
Le Maroc étudie activement une candidature pour accueillir la Coupe du monde des clubs en juin‑juillet 2029, face à des prétendants internationaux importants. Deux scenarii sont envisagés : une candidature en solo si la compétition reste sur un format à 32 équipes, ou une coorganisation avec l’Espagne si la formule est étendue à 48 clubs. Les discussions avec les dirigeants de la FIFA se poursuivent et doivent se poursuivre lors d’un congrès prévu le 30 avril, date à laquelle des précisions sur l’orientation du dossier sont attendues.
Diplomatie sportive et investissements structurels
Cette dynamique s’inscrit dans une politique de long terme faisant du football un instrument de visibilité internationale. Le Maroc a réalisé d’importants investissements dans les infrastructures et multiplie les projets pour renforcer son attractivité événementielle. L’approche combine aspects économiques, touristiques et diplomatiques : accueillir de grands rendez‑vous sportifs est vu comme un levier pour accroître l’influence et l’exposition du pays sur la scène mondiale.
Conséquences pour le football national et continental
La réorientation des priorités peut avoir des conséquences contrastées. À court terme, la concentration sur des compétitions mondiales mobilise des ressources et peut accélérer la modernisation des installations. À moyen terme, l’éloignement des compétitions africaines soulève des questions sur la coopération régionale et sur l’impact pour le développement des compétitions féminines et de futsal sur le continent. Les acteurs locaux et continentaux devront négocier un nouvel équilibre entre ambitions internationales et responsabilités africaines.
Le choix marocain illustre une stratégie claire : prioriser les plateformes mondiales pour maximiser la visibilité et rentabiliser des infrastructures lourdes, quitte à accepter des tensions temporaires avec les instances africaines. Les prochains mois, marqués par des rendez‑vous décisionnels internationaux, permettront de mesurer l’ampleur effective de ce basculement et son impact sur la prochaine décennie du football marocain et africain.