Les chauffeurs de taxi de Marrakech boudent les clients marocains au profit des touristes
La discrimination des taxis à Marrakech : un véritable calvaire pour les résidents
À Marrakech, prendre un taxi devient de plus en plus difficile pour les habitants, qui se retrouvent laissés pour compte face à une préférence marquée des chauffeurs pour les clients étrangers. Cette situation crée des tensions croissantes au sein des gares de taxis et suscite la colère des usagers locaux.
Un service réservé aux touristes
Sous le soleil ardent de Marrakech, héler un taxi est devenu un défi pour les résidents. Selon des témoignages publiés par le magazine Tel quel, les usagers peuvent attendre plus d’une demi-heure, parfois même plus, sans qu’aucun véhicule ne s’arrête. Lorsque, enfin, un chauffeur s’arrête, il propose souvent un tarif plein, refusant d’utiliser son compteur. Les passagers se retrouvent donc à payer des cours exorbitants, atteignant 40 dirhams pour des trajets habituellement facturés 10 dirhams. Ce déséquilibre pousse de nombreux Marocains à se tourner vers des applications comme Bolt ou Uber, qui permettent d’obtenir un véhicule en quelques minutes.
Une logique purement financière
La raison de cette discrimination est principalement économique. Les chauffeurs privilégient les clients étrangers, moins sensibles aux prix, afin d’augmenter leurs bénéfices. Un chauffeur de Marrakech résume la situation : « Au lieu de transporter un Marocain pour 10 dirhams, je préfère de loin un étranger qui me donnera au moins 50 dirhams. » Cette mentalité contribue à rendre les résidents indésirables, qui voient leur accès aux transports réduit.
Tensions croissantes aux gares de taxis
Cette attitude devant les usagers locaux génère des tensions palpables, notamment à la grande station de taxis de Bab Ghmat. Récemment, le site d’informations Al3omk a rapporté un incident où un chauffeur a sciemment ignoré une longue file d’attente pour prendre un groupe d’étrangers. De plus, en raison de travaux sur la route nationale 9, un certain nombre de chauffeurs refusent même de desservir certaines destinations durant la soirée, abandonnant ainsi des Marocains contraints d’attendre parfois plus d’une heure.
Les alternatives se développent
Face à cette situation ubuesque, les résidents multiplient leurs solutions. En dehors des applications de VTC, certains optent pour le covoiturage, tandis que d’autres cherchent à organiser des trajets en groupe. Malgré l’efficacité de ces alternatives, beaucoup regrettent le manque d’équité dans le service public de transport. Les citoyens demandent des mesures urgentes afin de retrouver un accès digne aux taxis, une nécessité dans une ville où déplacements et tourismes se mêlent quotidiennement.
Appel à l’ACTION
Les résidents appellent à une prise de conscience et à des actions concrètes contre cette discrimination. Les autorités locales doivent intervenir pour réglementer le service des taxis, garantir des tarifs justes et rétablir l’équilibre entre les touristes et les habitants. Souvent à la merci des circonstances, les passagers marocains souhaitent retrouver un accès digne et équitable aux transports.
La situation actuelle à Marrakech est un appel à la réflexion sur le droit à un service public de qualité, sans distinction. Les résidents méritent de pouvoir compter sur un accès fiable et abordable aux transports, indépendamment de leur nationalité.