Ciment : +2,5 % en mars 2026 mais recul de 10,9 % au T1
Rebond modéré des ventes de ciment en mars 2026 mais repli sur le trimestre
Les ventes de ciment progressent de 2,5% en mars 2026 après des mois difficiles; le secteur BTP affiche une VA moyenne de +5,9% en 2025 malgré un repli au T1.
La livraison de ciment, indicateur clé de l’activité du bâtiment et des travaux publics, a enregistré une hausse de 2,5% en mars 2026, mettant fin à une période de contraction observée en début d’année. Cette reprise intervient après deux mois de baisse en janvier et février, un épisode marqué par des précipitations exceptionnellement fortes et par le déroulement du mois de Ramadan du 19 février au 19 mars 2026, qui ont ralenti plusieurs chantiers et reporté des commandes. Malgré le rebond mensuel, le bilan du premier trimestre reste négatif, avec un recul cumulé des ventes de ciment de 10,9% par rapport à la même période de l’année précédente.
Rebond des ventes en mars 2026
La croissance de 2,5% en mars reflète une reprise ponctuelle de la demande à l’issue d’un trimestre perturbé. Les chantiers retardés par les conditions météorologiques et les contraintes liées au calendrier ont repris progressivement leurs approvisionnements, ce qui explique en grande partie la hausse observée au mois de mars. Cette amélioration mensuelle n’a toutefois pas suffi à compenser l’impact des deux premiers mois de l’année, d’où le repli sur le trimestre.
Effet des précipitations et du Ramadan sur l’activité
Les précipitations exceptionnelles enregistrées en janvier et février ont entraîné des arrêts ou ralentissements de chantiers, des problèmes logistiques et des reports de livraison. Parallèlement, le mois de Ramadan, qui s’est déroulé du 19 février au 19 mars 2026, a modifié les rythmes de travail sur de nombreux chantiers et influencé les comportements d’achat. L’effet conjugué de ces deux facteurs explique la baisse initiale des ventes au début de l’année et la lecture en décalage entre une reprise mensuelle et une situation trimestrielle encore affaiblie.
Performance du premier trimestre 2026
Sur les trois premiers mois de 2026, les ventes de ciment ont chuté de 10,9% par rapport au premier trimestre de l’année précédente. Ce repli contraste avec l’année précédente où la période avait connu une augmentation. La lecture trimestrielle met en évidence la sensibilité du secteur aux aléas climatiques et aux variations saisonnières liées au calendrier religieux et aux comportements économiques. Les données trimestrielles exigent une vigilance particulière car elles déterminent les tendances de la demande pour la planification des entreprises du BTP.
Consolidation de la valeur ajoutée du BTP en 2025
Sur l’ensemble de l’année 2025, la valeur ajoutée du secteur BTP s’est renforcée, avec une croissance moyenne de 5,9%, supérieure à la progression de 4,9% observée l’année précédente. Cette dynamique annuelle couvre des performances trimestrielles soutenues : +6,3% au premier trimestre 2025, +6,7% au deuxième, +5,6% au troisième et +4,9% au quatrième trimestre. Ces résultats indiquent une amélioration structurelle de l’activité l’année passée, même si les premiers mois de 2026 montrent que la trajectoire peut être perturbée par des facteurs conjoncturels.
Conséquences pour la chaîne d’approvisionnement et les entreprises
La variation des livraisons de ciment a des conséquences directes sur la chaîne d’approvisionnement, les stocks et la trésorerie des entreprises du secteur. Les fabricants et distributeurs doivent gérer des cycles de commandes plus volatils et adapter leurs capacités logistiques aux fluctuations saisonnières. Pour les entreprises de construction, la nécessité de reprogrammer des chantiers génère des coûts supplémentaires et des contraintes sur les délais de livraison. Une reprise durable dépendra de la stabilisation des conditions météorologiques, de l’anticipation des périodes de ralentissement et d’une meilleure coordination entre acteurs.
Perspectives et risques pour 2026
Les indicateurs de début d’année plaident pour la prudence. Si la hausse de mars témoigne d’une capacité de redressement rapide de la demande, le repli au premier trimestre souligne la fragilité de la reprise face aux chocs exogènes. Les acteurs du secteur devront surveiller l’évolution de la demande immobilière et des investissements publics, ainsi que la capacité à absorber les retards accumulés. Les risques principaux restent climatiques, calendaires et liés à la volatilité des coûts d’approvisionnement.
La conjoncture du ciment au premier semestre 2026 reste marquée par un contraste entre une performance annuelle positive en 2025 et une fragilité manifeste en début d’année 2026; la trajectoire pour le reste de l’année dépendra de la résilience des chantiers, de la régularité des livraisons et des décisions de financement des projets.