Trois secouristes tués dans le sud du Liban, Israël accusé de crime de guerre
Attaque à Majdal Zoun : frappes israéliennes tuent des secouristes et plusieurs civils
Frappes israéliennes à Majdal Zoun tuent des secouristes et plusieurs civils. Le Liban dénonce un crime de guerre et promet d’agir sur la scène internationale.
Une double frappe aérienne attribuée aux forces israéliennes a touché mardi un bâtiment à Majdal Zoun, dans le sud du Liban, provoquant la mort d’au moins cinq personnes, dont trois secouristes de la défense civile qui intervenaient pour porter secours aux victimes de la première attaque. Le Premier ministre libanais a qualifié l’événement de « crime odieux » et annoncé que le gouvernement saisirait les instances internationales pour condamner ces actions et demander des mesures contre les violations du cessez-le-feu.
Bilan et circonstances de l’attaque
Selon le ministère libanais de la Santé, la première frappe a endommagé un bâtiment et causé des blessés. Une deuxième frappe, survenue alors que des secouristes et des soldats escortaient les opérations de sauvetage, a tué trois hommes de la défense civile et deux autres civils. Les autorités libanaises ont précisé que les secouristes avaient été initialement piégés sous les décombres après la seconde explosion, puis ont été retrouvés décédés. Le bilan national communiqué mardi fait état d’au moins huit personnes tuées dans différentes attaques à travers le pays ce jour-là.
Ciblage des secouristes et réactions officielles
Le Premier ministre Nawaf Salam a dénoncé le ciblage délibéré des membres de la défense civile et l’a qualifié d’« atteinte aux principes du droit international humanitaire ». Le président Joseph Aoun a également condamné ces frappes, affirmant qu’elles s’inscrivent dans une série d’attaques visant les secouristes et le personnel humanitaire, et qu’elles constituent une violation des conventions protégeant les civils, les ambulanciers et le personnel médical. Le gouvernement libanais a indiqué qu’il mobiliserait tous les moyens diplomatiques pour porter cette affaire devant les forums internationaux.
Impact sur les forces armées et matériels civils
Outre les secouristes, l’armée libanaise a rapporté des blessés parmi ses soldats lorsque la seconde frappe a touché une zone où des patrouilles escortaient les équipes de secours. Deux bulldozers civils présents sur le site des opérations ont également été endommagés. Les autorités militaires ont décrit une situation dans laquelle les premiers intervenants deviennent eux-mêmes des cibles, ce qui complique l’exécution des missions de sauvetage et accroît les risques pour la population civile.
Escalade transfrontalière et ripostes du Hezbollah
Malgré l’existence d’un cessez-le-feu négocié par des tiers, les frappes aériennes attribuées à Israël se poursuivent au quotidien, en particulier dans le sud et l’est du Liban, selon les autorités libanaises. En riposte aux attaques et aux violations présumées du cessez-le-feu, le Hezbollah a indiqué avoir lancé des roquettes et déployé des drones en direction d’objectifs en Israël et dans les zones occupées du sud libanais. Les échanges de tirs et frappes ponctuelles alimentent une dynamique de confrontation qui expose davantage les civils et alimente les craintes d’une escalade régionale.
Appels internationaux et conséquences humanitaires
La société civile et des organisations de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude face à ce type d’attaques qui frappent le personnel de secours. Des voix ont appelé à suspendre les ventes d’armes et l’assistance militaire aux parties impliquées, et à imposer des sanctions aux responsables potentiellement impliqués dans des crimes graves, afin de prévenir de nouvelles violations. Les hôpitaux et centres de soins du sud libanais continuent de faire face à un afflux de blessés, tandis que les chiffres officiels communiqués depuis le 2 mars font état, selon le ministère de la Santé, de 2 534 personnes tuées et de 7 863 blessées dans le pays à la suite des attaques menées depuis le début des hostilités.
Les autorités libanaises ont indiqué qu’elles poursuivraient les démarches diplomatiques pour obtenir des condamnations et des mesures concrètes contre les responsables des frappes, et qu’elles travailleraient à la protection du personnel humanitaire. En attendant, la population civile reste exposée aux opérations militaires et aux tirs transfrontaliers, avec des conséquences humanitaires lourdes dans les zones les plus touchées.