Frappe de drone des RSF tue cinq civils à Khartoum selon une ONG
Frappe de drone à Khartoum : cinq civils tués, reprise des violences inquiète
Frappe de drone à Khartoum le 2 mai 2026 : cinq civils tués. Tensions entre forces gouvernementales et RSF ravivent la crise humanitaire et les déplacements.
Une frappe de drone a tué cinq civils à Khartoum le 2 mai 2026, marquant un retour des attaques dans la capitale après plusieurs mois de calme relatif. L’incident, imputé aux Forces de soutien rapide (RSF), survient une semaine après une précédente attaque et s’inscrit dans une série d’opérations qui continuent d’affecter des populations civiles déjà fragilisées par le conflit entamé en avril 2023.
Détails de l’attaque et circonstances immédiates
La frappe a visé une zone résidentielle de Khartoum, provoquant la mort de cinq civils et des dégâts matériels. Des témoins décrivent des décombres et des familles endeuillées. Les autorités locales et des équipes de secours sur place ont procédé à l’évacuation et à la récupération des victimes. Les équipements hospitaliers et les services d’urgence, déjà limités dans plusieurs quartiers, ont été mis sous pression par l’afflux de blessés.
Accusations contre les Forces de soutien rapide
Les autorités humanitaires et des groupes de défense des droits ont accusé les RSF d’être responsables de cette opération. Les allégations portent sur des violations du droit international humanitaire, en particulier le ciblage d’objectifs situés à proximité de zones civiles. Les RSF, qui ont mené par le passé des frappes ciblant des infrastructures militaires et civiles, n’ont pas communiqué publiquement de justification pour cette attaque au moment des premiers bilans.
Contexte militaire et retour des hostilités à Khartoum
Khartoum avait connu une accalmie relative après la reprise de contrôle par les forces gouvernementales l’année précédente. L’armée avait lancé une contre-offensive qui avait poussé des éléments paramilitaires hors de certains secteurs de la capitale, conduisant les autorités à qualifier la zone de «libre» de présence paramilitaire. Malgré cela, les RSF ont maintenu des capacités de projection de force, notamment par l’utilisation de drones, et ont recentré leurs opérations sur le Darfour et les régions voisines pour étendre leur influence.
Bilan humain et impact humanitaire
La frappe s’ajoute à un lourd bilan des frappes de drones signalées depuis le début de l’année. Près de 700 civils auraient péri dans de telles attaques au cours des trois premiers mois de l’année, selon estimations internationales. Le conflit a provoqué le déplacement d’environ 14 millions de personnes depuis avril 2023 et laissé une grande part de la population dans le besoin d’aide urgente. Si des retours de populations déplacées vers Khartoum ont été enregistrés récemment — plus d’un million et demi selon des évaluations — de larges zones demeurent privées d’électricité et de services de base.
Attaques contre infrastructures et services
Outre les pertes humaines, les frappes de drones ont visé à plusieurs reprises des infrastructures critiques : hôpitaux, centrales électriques et systèmes hydrauliques ont été endommagés, entraînant des coupures d’eau et d’électricité. Mardi dernier, un hôpital situé dans la région de Jebel Awliya, à environ 40 kilomètres au sud du centre de Khartoum, a de nouveau été touché, marquant la première attaque de ce type dans cette zone depuis plusieurs mois. Ces dommages compliquent les opérations humanitaires et aggravent les risques sanitaires pour les civils.
Risque d’escalade et étendue géographique du conflit
La violence s’est progressivement étendue au-delà de Khartoum, notamment dans l’État du Nil Bleu, proche de la frontière éthiopienne, alimentant la crainte d’un conflit fragmenté et durable. Les RSF poursuivent des offensives pour consolider leur contrôle territorial et accéder à des ressources stratégiques, y compris des installations liées à la production pétrolière. La dynamique des affrontements laisse entrevoir un scénario de violences intermittentes avec des pics ponctuels affectant les zones urbaines et rurales.
La reprise des frappes dans la capitale soulève des questions sur la protection des civils et la capacité des acteurs nationaux à prévenir de nouvelles attaques. Les besoins humanitaires restent immenses, tandis que les infrastructures essentielles mettent du temps à se rétablir. La population civile, déjà éprouvée par près de trois ans de conflit, se retrouve une nouvelle fois confrontée à des risques directs pour sa sécurité et à des conditions de vie dégradées dans un contexte d’incertitude prolongée.