Le président sénégalais saisit Mohammed VI pour la libération des supporters condamnés
Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye demande au roi Mohammed VI la clémence pour des supporters condamnés au Maroc après la CAN 2025
Le président du Sénégal a envoyé une lettre au roi Mohammed VI pour demander la clémence envers des supporters condamnés au Maroc après la CAN 2025, Appel royal
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a confirmé, lors d’une interview diffusée samedi soir, qu’il avait adressé une missive au roi Mohammed VI sollicitant une intervention en faveur de supporters sénégalais condamnés au Maroc à la suite des incidents liés à la CAN 2025. Tout en saluant l’accueil et l’organisation du tournoi, le chef de l’État a exprimé son souhait d’une résolution rapide de la situation pour soulager les détenus et leurs familles. La démarche intervient après que la cour d’appel de Rabat a validé en avril des peines de trois mois à un an de détention visant 18 ressortissants sénégalais.
Envoi de la lettre au souverain
Le chef de l’État a précisé avoir personnellement transmis une lettre au roi Mohammed VI, en expliquant que la démarche obéit à des motifs humanitaires. Dans son intervention, il a mis l’accent sur le respect de la souveraineté des institutions judiciaires marocaines tout en espérant que la dimension royale pourrait offrir une voie de sortie politique, susceptible d’aboutir à des mesures de clémence ou d’aménagement des peines.
Décision judiciaire confirmée par la cour d’appel de Rabat
La cour d’appel de Rabat a confirmé en avril les peines prononcées contre 18 supporters, des peines comprises entre trois mois et un an de détention. Ces condamnations ont été qualifiées « injustes » par le président Faye, qui a souligné le fait que les premières procédures avaient été gérées par Dakar de manière à privilégier un règlement rapide. L’appel interjeté par la partie marocaine, qui a prolongé l’incarcération de certains accusés, a compliqué cette tentative de clôture rapide de l’affaire.
Stratégie et position officielle de Dakar
Selon le président, le gouvernement sénégalais a choisi initialement de ne pas faire appel des jugements de première instance afin d’accélérer la résolution. Face au maintien des peines après l’appel, l’État a activé plusieurs leviers politiques et diplomatiques. Le ton officiel reste mesuré : Dakar affirme son respect pour la justice marocaine mais poursuit parallèlement des démarches visant à réduire les conséquences humaines de ces condamnations.
Médiations diplomatiques et démarches religieuses
Plusieurs canaux ont été mobilisés pour tenter d’obtenir une issue favorable : l’ambassade sénégalaise au Maroc a mené des médiations diplomatiques et des interlocuteurs religieux ont également été sollicités pour jouer un rôle de médiation. Ces initiatives témoignent de la volonté de l’État sénégalais de conjuguer efforts officiels et relais de la société civile et religieuse afin d’obtenir des solutions humanitaires pour les personnes emprisonnées et leurs proches.
Situation des détenus et impact familial
À ce jour, seules trois personnes mentionnées dans le dossier ont été relâchées après avoir purgé leur peine. Les autres condamnés restent incarcérés, et leurs familles subissent un impact social et émotionnel significatif. Le président a évoqué la nécessité de « soulager » ces familles, en insistant sur les conséquences humaines et en appelant à des réponses rapides et proportionnées face à une situation qui provoque une tension diplomatique latente entre les deux pays.
La démarche présidentielle pose désormais la question des options possibles si la sollicitation politique et royale n’aboutit pas : mesures diplomatiques supplémentaires, poursuite des canaux de médiation ou recours aux mécanismes bilatéraux pourraient être envisagés. Pour l’heure, le gouvernement sénégalais a privilégié la voie politique et humanitaire, tout en maintenant une posture de respect envers les institutions judiciaires marocaines. Le sort des 18 condamnés reste au centre des efforts officiels et des attentes familiales, alors que les autorités des deux pays continuent d’évaluer les moyens de désamorcer une situation sensible née lors de la compétition sportive.