Maroc et ZLECAf au cœur des priorités industrielles présentées par Akhannouch à Nairobi
Le Maroc place l’industrialisation au cœur de sa stratégie africaine, selon Aziz Akhannouch à Nairobi
À Nairobi, Aziz Akhannouch expose la stratégie industrielle du Maroc: exportations, ZLECAf, énergies renouvelables, batteries, hydrogène vert et financement.
Le Chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, a détaillé à Nairobi, lors du sommet Africa Forward, la feuille de route industrielle du Royaume sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Intervenant devant plusieurs chefs d’État, dont le président kényan William Ruto et le président français Emmanuel Macron, et en présence du secrétaire général des Nations unies, il a présenté une vision axée sur le renforcement des exportations industrielles, le développement de filières structurées et l’ouverture aux nouvelles industries telles que les batteries et l’hydrogène vert. Akhannouch a insisté sur la nécessité de transformer le potentiel continental en puissance industrielle via quatre priorités précises.
Intervention d’Aziz Akhannouch à Nairobi
Lors du panel sur l’architecture financière, Aziz Akhannouch a rappelé que le Maroc considère l’industrie comme un pilier central de sa transformation économique. Il a mis en avant les progrès réalisés en matière d’exportations industrielles, portés par des filières organisées comme l’automobile et l’aéronautique, et a souligné la volonté du pays de s’orienter vers les industries de la prochaine décennie. L’intervention a également insisté sur une perception positive de l’Afrique : continent d’opportunités, de solutions et d’investissement.
Libre-échange et rôle de la ZLECAf
La première priorité identifiée par le Chef du gouvernement est l’ouverture commerciale. Akhannouch a rappelé les accords bilatéraux et régionaux du Maroc — avec l’Union européenne, les États-Unis et à l’échelle africaine via la ZLECAf — comme leviers indispensables pour favoriser la coopération et les échanges. Il a pointé un déficit d’intégration intra-africaine : le commerce intra-continent ne représente qu’environ 16 % des échanges, contre près de 60 % en Asie et en Europe. L’opérationnalisation effective de la ZLECAf est, selon lui, une condition majeure pour accélérer l’industrialisation du continent.
Filières stratégiques : automobile, aéronautique et nouvelles industries
Le Maroc a capitalisé sur des filières exportatrices structurées, notamment l’automobile et l’aéronautique, qui servent aujourd’hui de socle pour monter en gamme. Akhannouch a mentionné l’ambition de développer des secteurs émergents — batteries, hydrogène vert et valorisation industrielle des ressources naturelles — afin d’assurer une montée en valeur ajoutée locale. Il a également appelé à la formation des talents et à la transformation locale des ressources pour que l’Afrique cesse d’être uniquement fournisseur de matières premières.
Infrastructures et réformes pour attirer les investisseurs
La troisième priorité porte sur l’amélioration des conditions d’accueil de l’investissement. Le Chef du gouvernement a insisté sur l’importance d’infrastructures solides, d’une énergie compétitive et d’une logistique performante pour assurer la soutenabilité industrielle. Il a souligné les avancées du Maroc : part des énergies renouvelables passée au-delà de 46 % du mix électrique en 2025, lancement de la première ligne ferroviaire à grande vitesse en Afrique et consolidation de Tanger Med comme plateforme industrielle et logistique majeure. Parallèlement, il a évoqué des réformes structurelles — réforme fiscale, mobilisation du foncier, déconcentration, simplification des procédures et réforme des marchés publics — destinées à rendre le climat des affaires plus lisible.
Financement industriel et instruments publics
La quatrième priorité identifiée est l’accès au financement. Aziz Akhannouch a souligné la nécessité d’un secteur bancaire solide capable d’accompagner PME et projets structurants, ainsi que l’importance d’un rating international adéquat reflétant le risque réel des projets. Au Maroc, la nouvelle Charte de l’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement sont présentés comme des mécanismes mobilisant le capital public pour partager le risque et attirer l’investissement privé. Ces instruments visent à améliorer l’accès aux ressources financières nécessaires à la montée en capacité industrielle.
Le Chef du gouvernement a réaffirmé l’engagement du Maroc en faveur d’une approche renouvelée et solidaire du développement africain, soutenant l’appel à l’action et la déclaration conjointe du sommet comme feuille de route pour des partenariats équilibrés. Le Sommet Africa Forward a ainsi servi de plateforme pour rappeler l’importance des investissements croisés, de la formation et des réponses communes aux défis globaux, tout en mettant en lumière le rôle que peuvent jouer les politiques publiques et les infrastructures dans l’émergence d’une industrie africaine compétitive.