Visas pour chauffeurs marocains: UE et Espagne envisagent des mesures discutées au Logismed
Maroc et Union européenne engagent des pourparlers pour faciliter les visas des chauffeurs routiers
Entente entre le Maroc et l’UE pour faciliter les visas professionnels des chauffeurs routiers : solutions à court, moyen et long terme proposées et examinées.
Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a annoncé à Casablanca que la question des visas pour les chauffeurs professionnels marocains et les entreprises de transport international a été au centre d’une réunion en visioconférence avec le commissaire européen chargé du transport durable et du tourisme. Cette rencontre visait à identifier les contraintes qui freinent la mobilité des conducteurs et pénalisent la compétitivité des opérateurs marocains sur les liaisons avec l’Union européenne.
Réunion entre le ministère et la Commission européenne
La visioconférence, tenue lundi, a permis un échange direct sur les blocages administratifs et opérationnels liés à l’octroi des visas de court séjour pour les conducteurs routiers. Le ministre Kayouh a qualifié la session de très positive et a indiqué que plusieurs pistes de travail ont été présentées. Les discussions ont porté sur la nécessité d’adapter les procédures aux réalités du transport international, où les temps d’attente et les refus de visas entraînent des surcoûts et des retards logistiques.
Contraintes administratives et impact sur le transport routier
Les opérateurs marocains dénoncent des démarches qui restent lourdes et peu harmonisées entre États européens. Selon le ministre, ces contraintes se traduisent par des difficultés à planifier les rotations, des périodes d’immobilisation plus longues pour les véhicules, et une perte de compétitivité face à des concurrents disposant d’un meilleur accès aux marchés européens. L’enjeu central identifié lors de la réunion est de réduire les incidents liés aux refus ou aux délais d’instruction et de mettre en place des garanties facilitant la circulation professionnelle.
Propositions à court, moyen et long terme
Plusieurs solutions ont été évoquées lors des échanges. À court terme, des procédures simplifiées et des mécanismes de coopération bilatérale avec certains États membres devraient permettre d’accélérer les délivrances. À moyen terme, des accords de reconnaissance des profils professionnels et des voies prioritaires pour les chauffeurs pourraient être négociés. À long terme, une révision plus large des règles relatives aux visas électroniques est attendue : le ministre a précisé que cet amendement réglementaire est programmé dans les semaines à venir, ce qui pourrait introduire des dispositifs visant spécifiquement les opérateurs du transport international.
Coordination bilatérale avec l’Espagne et implications pratiques
Le gouvernement marocain envisage d’examiner les propositions formulées avec les autorités espagnoles afin de définir des mesures concrètes applicables aux liaisons les plus concernées. L’Espagne, en tant que principal partenaire pour les flux routiers entre le Maroc et l’Europe, est présentée comme un interlocuteur clé pour la mise en œuvre de solutions opérationnelles. Parmi les options étudiées figurent des listes blanches pour certains conducteurs, des procédures accélérées pour les entreprises certifiées et des modalités de contrôle harmonisées aux points de passage frontaliers.
Logismed 13e édition : plateforme d’échanges et contexte sectoriel
Les annonces ont été faites à l’occasion de la 13ème édition du Salon International du Transport et de la Logistique pour l’Afrique et la Méditerranée (Logismed), placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. L’événement, qui se tient jusqu’au 14 mai, réunit des acteurs publics et privés autour du thème « Un écosystème logistique intelligent : connecter les territoires et réinventer la Supply Chain ». Plus de 7 000 visiteurs professionnels sont attendus, offrant un cadre propice à la négociation de mesures concrètes visant à améliorer la performance du secteur.
Les prochaines étapes annoncées par le ministère comprennent la poursuite des échanges techniques avec la Commission européenne, la coordination avec les États membres directement concernés et la préparation des textes réglementaires modifiant l’accès via visas électroniques. Le secteur attend désormais la mise en œuvre rapide des mesures à court terme afin de limiter les perturbations et de restaurer la compétitivité des transporteurs marocains sur les corridors vers l’Europe.