Le Maroc appelle à renforcer la cybersécurité et l’IA pour la sécurité nucléaire
Le Maroc appelle à renforcer la sécurité nucléaire face aux cybermenaces et à l’IA lors d’un événement à Vienne
Le Maroc, à Vienne le 12 mai 2026, plaide pour renforcer la sécurité nucléaire face aux cybermenaces et à l’IA lors d’un événement coorganisé international.
Le Maroc a réaffirmé, le 12 mai 2026 à Vienne, son engagement à renforcer la sécurité nucléaire mondiale en intégrant la cybersécurité et les défis posés par l’intelligence artificielle (IA). Lors d’un débat organisé en marge de la Conférence internationale sur la sécurité informatique dans le monde nucléaire (11-15 mai 2026), le représentant permanent du Royaume à Vienne, Azzeddine Farhane, a souligné l’importance d’adapter continuellement les cadres de sécurité pour prévenir des attaques susceptibles d’affecter des systèmes sensibles et des infrastructures critiques.
Intervention de l’ambassadeur Azzeddine Farhane
L’ambassadeur Farhane a insisté sur le caractère stratégique de la cybersécurité dans le domaine nucléaire, rappelant que les risques ne se limitent plus à la seule protection physique. Il a averti qu’une cyberattaque ciblant des systèmes de contrôle ou des bases de données essentielles pourrait compromettre à la fois la sûreté et la sécurité nucléaires. Farhane a aussi mis en garde contre les usages malveillants de l’IA, qui peuvent créer de nouvelles vulnérabilités exigeant anticipation et réponses coordonnées.
Contexte de la Déclaration INFCIRC/908 et rôle du Maroc
L’événement commémorait le dixième anniversaire de la Déclaration commune sur l’atténuation des menaces internes (INFCIRC/908), signée en 2016. Le Maroc figure parmi les premiers signataires et maintient un engagement actif dans cette initiative. Farhane a rappelé que l’adhésion du Royaume à INFCIRC/908 témoigne de sa volonté d’assurer une utilisation sûre, sécurisée et pacifique des technologies nucléaires et radiologiques, en intégrant la protection de l’information et la cybersécurité à son régime national de sécurité nucléaire.
Initiatives et pratiques présentées par l’AMSSNuR
Organisé par l’Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques (AMSSNuR) en partenariat avec des agences belges et américaines et l’AIEA, le volet marocain de la réunion a exposé le cadre réglementaire national et les actions menées pour renforcer les capacités en sécurité informatique et IA dans le secteur nucléaire. Les participants ont passé en revue des ateliers et activités nationaux et régionaux visant à développer les ressources humaines, améliorer la résilience des infrastructures numériques et promouvoir une culture durable de la sécurité.
Exigences réglementaires et investissements humains
L’ambassadeur a plaidé pour le renforcement des cadres réglementaires, l’investissement dans la formation et les compétences spécialisées, ainsi que pour la promotion d’une culture de sécurité intégrée. Il a souligné que la protection physique demeure essentielle mais que la sécurité nucléaire moderne nécessite également des politiques claires, des plans de réponse aux incidents cybernétiques, des exercices conjoints et des protocoles pour gérer les implications de l’IA sur les systèmes critiques.
Appel à la coopération internationale sous l’égide de l’AIEA
Face à des menaces hybrides et à l’accélération de la transformation numérique, Farhane a insisté sur le fait qu’aucun État ne peut résoudre seul ces défis. Il a appelé à une coopération internationale renforcée, à un engagement politique soutenu et à la mise en œuvre effective des instruments juridiques internationaux. L’ambassadeur a souligné le rôle central de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour coordonner l’échange d’expériences, harmoniser les normes et faciliter le soutien technique et la formation.
La rencontre, qui s’est tenue en partenariat avec l’Agence fédérale belge de contrôle nucléaire et l’Administration nationale de la sécurité nucléaire des États-Unis, a permis d’échanger des bonnes pratiques et des leçons tirées, et d’identifier des axes concrets de renforcement de la résilience numérique des installations nucléaires et radiologiques. Le Maroc a réaffirmé sa volonté de contribuer activement aux efforts internationaux pour anticiper et contrer les nouvelles menaces liées à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle.