Bourse de Téhéran rouvre après 80 jours et teste la confiance des investisseurs
La Bourse de Téhéran rouvre après 80 jours de suspension liée au conflit
La Bourse de Téhéran rouvre après 80 jours de suspension liée au conflit; reprise partielle des échanges permettra d’évaluer liquidité et confiance des marchés.
La Bourse de Téhéran doit reprendre ses cotations cette semaine après une interruption de 80 jours provoquée par des frappes et des tensions militaires. Les échanges d’actions, de fonds et de dérivés liés aux actions sont programmés pour reprendre en deux journées consécutives avant le week-end iranien, avec des heures prolongées afin de permettre la diffusion d’informations financières importantes et de donner davantage de latitude aux grandes entreprises ayant subi des perturbations pendant la période de fermeture. Les autorités présentent la réouverture comme une mesure destinée à protéger les actifs des investisseurs et à restaurer des conditions d’échange plus transparentes.
Réouverture programmée après 80 jours de suspension
Le marché était fermé depuis le 28 février, date à laquelle des attaques de grande ampleur ont frappé plusieurs régions du pays. La décision de rouvrir intervient après une pause prolongée motivée officiellement par des raisons de sécurité et par la volonté d’éviter des ventes émotionnelles incontrôlées. Les sessions de reprise auront lieu sur deux journées, avec une fenêtre horaire étendue d’une heure pour tenir compte des annonces et assemblées générales tenues pendant la fermeture. Les responsables de la régulation ont également souligné la nécessité d’une réouverture encadrée pour limiter les mouvements excessifs.
Horaires, instruments et règles encadrant la reprise
Les échanges d’actions cotées, des fonds d’actions et les contrats dérivés liés aux actions sont concernés par la reprise. Conformément aux règles en vigueur, la plupart des titres négociés à la Bourse de Téhéran et sur le marché de gré à gré de Fara sont soumis à un plafond et un plancher limitant les variations journalières à ±3 % par rapport au cours de clôture précédent. Ce mécanisme vise à réduire la volatilité immédiate mais peut également bloquer une pression vendeuse latente. Les entreprises seront classées par les autorités en plusieurs catégories selon le degré de dommages subis pendant le conflit, et des restrictions existent sur la nature des informations considérées comme sensibles qui peuvent être partiellement soumises aux régulateurs avant une diffusion publique.
Effets sur la liquidité et pression sur les portefeuilles
La fermeture a empêché des ventes de panique à court terme mais a également enfermé des portefeuilles, créant une pression accumulée chez des investisseurs désireux de liquider. Une partie significative de l’épargne privée reste par ailleurs placée en devises étrangères, en or, en biens immobiliers, en véhicules ou en actifs numériques, et non sur le marché actions. Des observateurs financiers estiment que la réouverture devra être étroitement surveillée afin d’empêcher des vagues de cessions visant à obtenir de la trésorerie, et que des mesures de soutien ciblées pourraient être nécessaires pour absorber les chocs initiaux et préserver la confiance.
Secteurs économiques les plus touchés par les frappes
Les frappes et le blocus naval imposé en avril ont visé des infrastructures industrielles et des entreprises clés, selon les bilans internes. Les secteurs pétrochimique, sidérurgique, minier et des transports — qui constituent parmi les valeurs phares du marché — ont subi des dommages variables, réduisant la capacité de production et compliquant la reconstitution rapide des chaînes d’approvisionnement. L’étendue exacte des dégâts que les entreprises seront autorisées à divulguer demeure incertaine en raison de préoccupations de sécurité et de la catégorisation possible de certaines données comme « sensibles » ou relevant du secret industriel.
Contexte macroéconomique: inflation, financement public et isolement international
Le marché boursier iranien reste largement isolé des indices mondiaux en raison des sanctions. Les banques et l’État demeurent les principaux pourvoyeurs de financement de l’économie, tandis que la politique monétaire a souvent comporté des injections de monnaie pour compenser des déficits budgétaires, alimentant une inflation chronique et érodant le pouvoir d’achat. L’indice principal, TEDPIX, avait culminé près de 4,5 millions de points début 2026 avant de chuter après des mouvements sociaux et des restrictions d’Internet en janvier; peu avant la fermeture il se situait autour de 3,7 millions de points. Des épisodes antérieurs de fermeture temporaire avaient déjà montré que le marché peut connaître des replis de plus de 15 % avant de rebondir, parfois sous l’effet d’une inflation nominale et d’une réévaluation liée à la dépréciation de la monnaie locale face au dollar.
La réouverture de la Bourse de Téhéran offre un indicateur sensible de l’état de l’économie et de la confiance des intervenants. Dans l’immédiat, la trajectoire des cours, le volume des transactions et la transparence des divulgations d’entreprises fourniront des éléments concrets pour évaluer la résilience du marché face aux dommages physiques et aux contraintes macroéconomiques. Les autorités devront jongler entre contrôle des risques, soutien à la liquidité et exigence de transparence pour restaurer une dynamique de marché exploitable.