OMS réunit des experts pour étudier des vaccins contre Ebola en RDC et Ouganda
Épidémie d’Ebola en RDC : bilan provisoire de 131 décès sur 513 cas suspects, l’OMS déclenche une urgence sanitaire internationale
Épidémie d’Ebola en RDC: bilan provisoire de 131 décès sur 513 cas suspects; l’OMS déclenche une urgence et réunit un comité pour étudier les options vaccinales
Le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo a annoncé un bilan provisoire de 131 décès parmi 513 cas suspects liés à une nouvelle épidémie d’Ebola, a déclaré le ministre Samuel Roger Kamba. L’Organisation mondiale de la santé a déclaré l’événement urgence sanitaire de portée internationale, faisant état auparavant de 91 décès sur 350 cas suspects. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rendu publique la déclaration d’urgence et convoqué un Comité d’urgence d’experts afin d’évaluer les mesures à prendre, notamment les options vaccinales, alors que l’épidémie a déjà franchi la frontière et atteint l’Ouganda.
Bilan provisoire et marge d’incertitude
Le chiffre de 131 décès communiqué par le ministre Kamba est présenté comme une estimation provisoire. Des investigations supplémentaires sont en cours pour confirmer que ces morts sont bien attribuables au virus Ebola. Les autorités sanitaires conservent un degré d’incertitude, compte tenu des difficultés d’investigation dans des zones isolées et des mouvements transfrontaliers fréquents. Les chiffres antérieurs, de 91 morts sur 350 cas suspects, illustrent la vitesse à laquelle le comptage évolue au fil des confirmations de laboratoire et des enquêtes de terrain.
Décision de l’OMS et convocation du Comité d’urgence
Le directeur général de l’OMS a annoncé la déclaration d’urgence sanitaire internationale lors d’une intervention devant l’Assemblée mondiale de la santé. Un Comité d’urgence composé d’experts internationaux a été convoqué pour fournir des conseils techniques et formuler des recommandations immédiates, en particulier sur la question des contre‑mesures vaccinales disponibles ou à déployer. Le chef de l’OMS a exprimé sa profonde préoccupation face à l’ampleur et à la rapidité de la propagation de l’épidémie.
Propagation transfrontalière et zones affectées
L’épicentre identifié se situe dans la province de l’Ituri, au nord‑est de la RDC, à la frontière avec l’Ouganda et à proximité du Soudan du Sud. La région est caractérisée par une forte mobilité des populations, liée notamment à l’exploitation aurifère, ce qui augmente le risque de propagation. Le virus a déjà été détecté dans des provinces voisines et s’est étendu jusqu’à 200 kilomètres du point zéro initial, franchissant des frontières et compliquant les opérations de riposte.
Situation vaccinale et options envisagées
La souche en cause a été identifiée comme la variante Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement n’est actuellement approuvé. Un vaccin existant, Ervebo de Merck, conçu contre la souche Zaïre, a montré des signes de protection dans des études animales contre Bundibugyo, mais n’est pas validé pour cette utilisation. Le Comité d’experts réuni par l’OMS examinera les preuves cliniques et précliniques disponibles afin de recommander une stratégie vaccinale adaptée à la réalité épidémiologique.
Envoi de fournitures et renforcement logistique
L’OMS a indiqué l’envoi de fournitures pour appuyer la réponse sur le terrain. Des tonnes d’équipements de protection individuelle et de matériel médical ont été déployées vers la province de l’Ituri pour approvisionner les agents de santé de première ligne et faciliter le prélèvement et l’acheminement d’échantillons. Sur le terrain, les équipes locales s’efforcent d’établir des périmètres de sécurité, de renforcer la surveillance et d’organiser des campagnes d’information destinées aux communautés exposées.
Cas de ressortissant étranger et évacuations médicales
Parallèlement, les autorités sanitaires ont confirmé qu’un ressortissant américain exposé lors de son activité professionnelle en RDC a été testé positif au virus. Les autorités de santé allemandes se préparent à admettre et prendre en charge ce patient à la demande des autorités américaines. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies ont indiqué que l’infection a été détectée suite à une exposition liée au travail en RDC.
Les autorités sanitaires nationales et internationales insistent sur la nécessité de confirmations biologiques supplémentaires, sur la mise en place de mesures de contrôle aux frontières et sur le renforcement des capacités locales de prise en charge. La riposte combinera surveillance, investigations épidémiologiques, équipement des équipes soignantes et examen des options vaccinales par le Comité d’experts convoqué par l’OMS.