ANSS renforce l’aide sociale directe avec une approche de proximité et des accompagnateurs sociaux
L’ANSS mise sur la proximité pour transformer l’aide sociale directe et accompagner 3,9M de familles
L’ANSS déploie représentations territoriales et accompagnateurs sociaux pour renforcer l’impact du programme d’aide directe, touchant 3,9M de familles.
Le gouvernement a engagé l’Agence nationale du soutien social (ANSS) dans une stratégie de proximité visant à faire évoluer le dispositif d’aide sociale directe vers un levier d’intégration socioéconomique territorial. Annoncée par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, lors de la réponse à une question écrite à la Chambre des représentants, cette orientation privilégie l’ancrage local et l’accompagnement individualisé des ménages bénéficiaires pour garantir un impact durable.
Nouvelle stratégie de proximité de l’ANSS
La politique adoptée par l’ANSS repose sur une démarche à la fois humaine et territoriale. Plutôt que de limiter l’intervention à un transfert financier, l’agence veut instaurer un suivi continu des familles et des parcours d’inclusion. L’objectif officiel est de traduire les Hautes Directives Royales en actions concrètes, en renforçant la capacité du programme à améliorer les conditions de vie, la scolarisation et l’accès aux soins des populations ciblées.
Création de représentations territoriales et rôle des accompagnateurs sociaux
Au cœur du dispositif figurent des représentations territoriales où seront affectés des « accompagnateurs sociaux ». Ces agents ont pour mission d’évaluer la situation des ménages, d’orienter les bénéficiaires vers les services locaux, de veiller au respect des engagements sociaux et de définir des trajectoires de sortie de la précarité. L’accent est mis sur le suivi personnalisé : identification des besoins, levée des obstacles administratifs, mise en relation avec des dispositifs de formation ou d’emploi.
Coordination avec les acteurs locaux et respect des engagements familiaux
Les structures locales de l’ANSS travailleront en partenariat avec les collectivités territoriales, les associations et les opérateurs publics et privés présents sur le terrain. Le dispositif inclut le contrôle et le soutien pour des engagements précis des familles, tels que la scolarisation des enfants et le suivi sanitaire de la mère et de l’enfant. Les modalités d’accompagnement pourront être adaptées aux réalités locales afin d’assurer une cohérence entre aides financières et offres de services.
Parcours d’inclusion économique et projet pilote à El Jadida
L’agence prévoit d’élaborer des parcours d’inclusion économique visant à renforcer les compétences des bénéficiaires et à faciliter leur insertion professionnelle. Ces parcours combineront formation, appui à la création d’activités et médiation vers l’emploi. Une première représentation territoriale a été ouverte à El Jadida en tant qu’expérience pilote ; ses résultats serviront à ajuster les méthodes et à décider d’une éventuelle généralisation. L’évaluation de cette phase pilote déterminera les priorités et les outils à déployer à plus grande échelle.
Bilan chiffré et portée nationale du programme
Sur le plan financier et opérationnel, le programme d’aide sociale directe a atteint, en avril 2026, plus de 3,9 millions de familles bénéficiaires pour un budget mensuel de 2,17 milliards de dirhams. Depuis son lancement en décembre 2023 jusqu’à fin avril 2026, le total des aides versées s’élève à 59 milliards de dirhams. Le dispositif couvre près de 43 % des familles marocaines et prévoit des versements mensuels oscillant entre 500 et 1 425 dirhams par ménage, complétés par des allocations pour la naissance et la rentrée scolaire. Selon le ministre, l’évaluation du dispositif doit intégrer non seulement les transferts financiers mais aussi l’efficacité des parcours d’accompagnement progressivement mis en place dans plusieurs régions.
L’ANSS mettra également en place des mécanismes d’évaluation pour mesurer l’impact du programme sur les indicateurs de développement locaux et nationaux. Ces évaluations permettront d’ajuster les dispositifs d’accompagnement aux besoins spécifiques des territoires, d’identifier les freins à l’insertion et de répartir les ressources là où elles sont les plus efficaces. Le gouvernement indique que la généralisation des représentations territoriales dépendra des conclusions tirées de la phase pilote et des évaluations programmées.
En synthèse, l’orientation récente confère au programme d’aide sociale directe une dimension plus systémique : il ne s’agit plus uniquement d’un soutien financier ponctuel, mais d’un ensemble d’actions coordonnées visant à favoriser l’autonomie et l’insertion durable des familles vulnérables. La réussite de cette transformation reposera sur la qualité de l’accompagnement local, la capacité de coordination entre acteurs et la rigueur des évaluations destinées à mesurer les résultats sur le terrain.