Le Maroc exporte 11 400 tonnes de citrons en six mois, forte hausse 2025-2026
Le Maroc dépasse les volumes 2024‑2025, 11 400 tonnes de citrons exportées à mi‑saison, la Russie leader
Au premier semestre 2025‑2026, le Maroc a exporté 11 400 tonnes de citrons (+17% sur 2024‑25), la Russie capte 48,2% des volumes; le record 2019‑20 est visé.
Bilan à mi‑saison
Le Maroc confirme un redressement notable de ses exportations de citrons au cours de la première moitié de la campagne 2025‑2026. Entre octobre 2025 et mars 2026, les expéditions ont atteint 11 400 tonnes pour une valeur supérieure à 6 millions de dollars, soit une progression de 17% par rapport au total de la saison 2024‑2025 et plus du double des volumes expédiés en 2023‑2024. Cette dynamique place d’ores et déjà la filière sur une trajectoire qui pourrait égaler ou dépasser le record historique de 17 100 tonnes enregistré durant la campagne 2019‑2020.
Pointe en février
La saison a été marquée par un pic d’activité en février 2026. Ce mois a concentré 4 200 tonnes d’exportations, représentant la plus forte cadence mensuelle observée depuis le lancement de la campagne. Cette concentration montre une saisonnalité prononcée qui profite aux opérateurs capables d’aligner récolte, conditionnement et logistique sur ces fenêtres de demande élevée.
Principaux marchés et variations
La Russie s’impose comme le principal débouché, absorbant 48,2% des volumes exportés et voyant ses achats multipliés par sept sur la période observée. La Mauritanie se classe deuxième marché, tandis que le Royaume‑Uni est troisième malgré une baisse de 25% des volumes expédiés vers ce pays. L’Espagne a intensifié ses importations, multipliées par 25, ce qui lui permet d’accéder à la quatrième place du classement. La France ferme le top 5 avec une part de 5,1% des exportations. L’Arabie saoudite enregistre la progression la plus spectaculaire, avec des importations multipliées par un facteur supérieur à 1 000. Des hausses ont également été relevées vers l’Italie, le Mali, le Nigéria et la Gambie. En revanche, les livraisons ont reculé vers le Canada, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.
Valeur des exportations et indicateurs unitaires
La valeur déclarée des exportations dépasse les 6 millions de dollars pour les 11 400 tonnes expédiées. Cela correspond à un indicateur monétaire moyen de l’ordre de 526 dollars par tonne si l’on considère la valeur minimale signalée, un niveau indicatif qui peut masquer d’importantes variations selon les marchés, la qualité des lots et les frais logistiques. La progression des volumes vers des marchés à forte capacité d’achat contribue à soutenir la valeur globale, mais la dispersion des prix entre marchés européens, africains et du Golfe reste un facteur déterminant pour la rentabilité des producteurs et des exportateurs.
Conséquences pour la filière et perspectives
La dynamique observée en première moitié de saison offre des perspectives favorables pour la filière citronnière marocaine. Si le rythme des expéditions se maintient, le pays pourrait retrouver ou dépasser son record de 17 100 tonnes de 2019‑2020. Pour atteindre cet objectif, les acteurs devront continuer à améliorer la capacité de conditionnement, la conformité aux normes phytosanitaires et l’organisation logistique, notamment pour répondre aux demandes de marchés lointains comme la Russie et l’Arabie saoudite. Les gains en volume appellent également à une attention portée sur la qualité et la traçabilité, éléments clés pour pérenniser les nouveaux marchés conquis.
La progression vers des marchés variés illustre une diversification commerciale susceptible de réduire les risques liés à la dépendance à un petit nombre de débouchés. Toutefois, la baisse observée sur certains pays africains et le recul vers des marchés traditionnels comme le Royaume‑Uni soulignent la volatilité des flux et la nécessité d’une stratégie commerciale active. Les prochains mois seront déterminants pour confirmer si la hausse de la première moitié de la saison se traduit par un gain annuel durable ou si elle restera concentrée sur une période ponctuelle.
Si la tendance actuelle se poursuit, le Maroc disposera d’une saison 2025‑2026 solide qui pourrait renforcer la position de sa filière citronnière sur les marchés internationaux et offrir des marges de croissance pour les producteurs et les opérateurs d’exportation.