Surpêche en Méditerranée : alerte sur la survie des espèces maritimes essentielles
La surpêche urgence : l’équilibre des écosystèmes marins menacé
La surpêche en Méditerranée et sur les côtes atlantiques met en péril la durabilité de plusieurs espèces maritimes commercialisées, avec des conséquences inquiétantes pour l’écosystème marin et l’économie locale.
Un état des lieux alarmant
La situation des espèces marines connues pour leur valeur commerciale est devenue critique. En Méditerranée, la biomasse de la crevette rose a chuté à seulement 23 % de son niveau optimal, tandis que celle de la sole rouge stagne à 35 %. Les côtes atlantiques, de leur côté, subissent également cette pression intense, entraînant une forte diminution des réserves de daurade rose, de courbine, de sardines et de merlu blanc.
Les quotas face à l’infraction
Plus au sud, bien que le poulpe soit soumis à des quotas stricts et à des périodes de repos biologique, la situation reste préoccupante. De nombreuses infractions aux réglementations sont observées, accentuant la pression sur cette espèce et mettant en lumière l’inefficacité des mesures en place.
Les chiffres d’une industrie en déséquilibre
Malgré cette fragilité environnementale, l’industrie de la pêche au Maroc représente 2 % du PIB national, avec 1,42 million de tonnes exportées en 2024, pour une valeur de 16,3 milliards de dirhams. Le pays se classe au treizième rang mondial et maintient plus de 250 000 emplois liés à cette activité. Toutefois, le coût écologique de cette industrie est immense.
Un gaspillage inacceptable
En Méditerranée, 22,8 % des captures sont rejetées directement à la mer, illustrant un gaspillage inacceptable. Parallèlement, une part significative des captures — plus de 140 000 tonnes d’une valeur de 225 millions de dollars en 2023 — est destinée à la transformation en farine ou en huile de poisson. Cette transformation nuit gravement à la sécurité alimentaire directe des citoyens.
Combattre les pratiques illégales
Selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE), la dégradation des stocks halieutiques provient de plusieurs facteurs, dont la pêche non réglementée, la capture de juvéniles et l’utilisation de filets destructeurs. Dans le sud du pays, environ un millier de bateaux seraient impliqués dans des pratiques illégales. Ces activités renforcent l’appel à une régulation plus stricte et à une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux.
Urgence d’une réforme écologique
Face à ces défis, le CESE plaide pour un changement radical de stratégie. L’accent doit être mis sur l’écologie et la durabilité plutôt que sur l’augmentation des volumes de production et des exportations. Une approche globale et intégrée est nécessaire pour protéger la biodiversité marine et assurer la pérennité des ressources halieutiques pour les générations futures.
Conclusion préoccupante
La menace qui pèse sur les écosystèmes marins s’accompagne de défis économiques importants. Il devient primordial d’agir rapidement et efficacement pour inverser cette tendance, préserver les ressources maritimes et garantir la sécurité alimentaire des populations côtières, tout en protégeant la biodiversité essentielle à l’équilibre de nos mers.