Souche Bundibugyo d’Ebola en RDC et Ouganda, interdictions et contrôles aux frontières
Épidémie d’Ebola (souche Bundibugyo) : fermeture de liaisons, quarantaines et contrôles renforcés après une propagation rapide en RDC et en Ouganda
Nouvelle flambée d’Ebola (souche Bundibugyo) en RDC et Ouganda : au moins 10 décès confirmés, restrictions de voyage, quarantaines et contrôles aéroportuaires pour freiner la diffusion.
La République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda font face à une reprise épidémique d’une souche rare et virulente d’Ebola, dite Bundibugyo. Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai 2026, les autorités sanitaires de la RDC ont recensé dix décès confirmés et environ 220 décès suspects liés à cette souche, tandis que quelque 900 cas suspects ont été signalés. En Ouganda, cinq cas confirmés et un décès ont été rapportés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé le niveau de risque national en RDC à « très élevé » tout en maintenant une évaluation du risque global à faible, ce qui a déclenché une série de mesures nationales et internationales visant à limiter les déplacements et à renforcer la surveillance sanitaire.
Bilan des cas et victimes
Les bilans annoncés indiquent une propagation rapide dans plusieurs zones de santé en RDC, avec la zone de Bunia comptée parmi les plus touchées. Les chiffres disponibles font état de dix décès confirmés et de centaines de décès suspects depuis la mi-mai. En Ouganda, l’apparition de cas confirmés a entraîné des enquêtes épidémiologiques et des opérations de recherche de contacts pour identifier les personnes exposées et briser les chaînes de transmission.
Fermeture partielle des liaisons aériennes et terrestres
Pour limiter les déplacements depuis et vers les foyers identifiés, le ministère congolais des Transports a suspendu tous les vols à destination et en provenance de Bunia, avec des dérogations possibles pour vols humanitaires, médicaux ou d’urgence soumis à approbation sanitaire. L’Ouganda a interdit les vols directs avec la RDC et interrompu, pour une période de quatre semaines, les traversées en bus et en bateau aux points frontaliers ainsi que les marchés hebdomadaires dans les districts frontaliers, tout en maintenant le transit de marchandises essentielles et alimentaires.
Interdictions temporaires et quarantaines imposées
Plusieurs États ont adopté des restrictions d’entrée ciblées. Le Canada a annoncé une suspension temporaire de l’admission des résidents de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud pour une période de 90 jours à compter du 27 mai 2026, et a imposé une quarantaine obligatoire de 21 jours dès le 30 mai 2026 pour les voyageurs récemment présents dans les zones touchées. Les Bahamas ont activé des interdictions d’entrée immédiates pour 30 jours, tandis que les États-Unis ont restreint l’accès aux non-citoyens et étendu ces mesures aux titulaires de cartes vertes ; par ailleurs, des itinéraires d’arrivée contrôlés ont été définis pour les citoyens américains revenant des zones concernées. Des mesures similaires ont été mises en place par la Jordanie et Bahreïn à partir du 19 mai.
Renforcement des contrôles aux aéroports et annulations d’événements
Plusieurs pays ont intensifié le dépistage aux frontières aériennes et modifié leurs politiques de voyage : l’Inde a renforcé les contrôles dans ses principaux aéroports et émis des recommandations aux voyageurs ; Bangkok a limité les arrivées depuis la RDC et l’Ouganda au seul aéroport de Suvarnabhumi, assorties de tests à l’arrivée ; le Mexique a augmenté les contrôles sanitaires dans ses aéroports. Des événements internationaux prévus impliquant des délégations africaines ont été reportés ou annulés afin de réduire le risque d’importation d’infections.
Capacités de riposte et limites identifiées
Sur le terrain, la réponse combine recherche des contacts, ouverture de centres de traitement, et renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections. Les responsables sanitaires signalent toutefois un retard dans la détection initiale, qui a complexifié la maîtrise de la propagation. Les équipes d’intervention s’efforcent d’intensifier les opérations de surveillance, de vaccination ciblée si disponible, et de sécurisation des pratiques funéraires et de soins pour prévenir les transmissions liées aux fluides corporels.
Sécurité des vols internationaux et recommandations de l’aviation civile
Les instances de l’aviation civile rappellent que, selon les protocoles établis, les vols internationaux peuvent être maintenus en sécurité si les contrôles sanitaires sont appliqués rigoureusement. Elles recommandent d’éviter les fermetures générales de frontières et prônent des dépistages à la sortie des pays affectés, la mise en œuvre de déclarations de santé électroniques et des procédures sans contact aux frontières pour limiter les risques liés aux déplacements aériens.
La situation reste évolutive et dépendra de la rapidité des interventions locales, de la coopération transfrontalière et de la capacité des systèmes de santé à identifier, isoler et traiter les cas. Les mesures de restriction adoptées par des États tiers cherchent à prévenir l’importation de nouveaux cas mais posent aussi des défis logistiques et humanitaires pour les populations et les chaînes d’approvisionnement. Connaissant la trajectoire des précédentes épidémies d’Ebola, les autorités sanitaires internationales et nationales mettent l’accent sur la détection précoce, le suivi des contacts et la protection du personnel soignant pour espérer endiguer cette nouvelle flambée.