3 000 Malawites réfugiés à Durban face à l’ultimatum d’expulsion du 30 juin
Durban : plus de 3 000 Malawites réfugiés dans un camp improvisé après des attaques xénophobes
À Durban, plus de 3 000 migrants malawites campent dans un site improvisé après des attaques xénophobes; rapatriements en cours et urgence humanitaire.
Dans la ville portuaire de Durban, plus de 3 000 ressortissants du Malawi, dont de nombreux enfants, se sont installés dans un champ transformé en camp de transit improvisé après avoir fui une série d’attaques et de menaces dirigées contre les étrangers. Les habitants disent avoir été chassés de leurs domiciles par des groupes armés de bâtons et de fouets qui ont organisé des marches réclamant le départ des personnes sans papiers avant l’ultimatum fixé au 30 juin.
Camp de transit improvisé à Durban
Le terrain, devenu camp depuis mercredi, accueille des familles entières qui ont quitté des zones touchées par des violences ou des menaces imminentes. Les tentes et abris de fortune ont été montés à la hâte; les conditions restent précaires et exposent les personnes vulnérables aux intempéries et aux maladies. Plusieurs familles ont déclaré que le rapatriement vers le Malawi était perçu comme la seule option sûre face à l’hostilité croissante dans leurs quartiers.
Conditions humanitaires et risques pour les enfants
Des centaines d’enfants figurent parmi les déplacés. Les familles signalent l’absence d’accès régulier à l’eau potable, à des services sanitaires et à des soins médicaux adaptés. Certaines enfants ont dû interrompre leur scolarité — une fillette de deuxième année a notamment abandonné ses examens — et des parents craignent une détérioration rapide de la santé des plus jeunes à cause du froid et du manque d’abris convenables.
Récits de familles et pertes matérielles
Plusieurs témoignages racontent des attaques ciblées et des incendies volontaires. Des familles disent avoir perdu leurs biens et leurs habitations; une veuve de 45 ans explique avoir dû se cacher dans la brousse pendant deux semaines après que sa maison et ses effets ont été incendiés. D’autres évoquent des intimidations répétées et des scènes où les manifestants exigeaient le départ immédiat des étrangers. Ces récits décrivent une pression continue qui a poussé des milliers de personnes à fuir en masse.
Appels à l’expulsion et mobilisation politique
Les marches anti-migrants ont été encouragées par des partis politiques locaux, avec des appels à expulser les étrangers dits “sans papiers” et des accusations selon lesquelles ils prendraient des emplois aux Sud-Africains. Les manifestations ont rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs localités et ont amplifié les tensions sociales, notamment dans la province du KwaZulu-Natal où le soutien à ces initiatives est important. Des manifestants ont déclaré publiquement que la présence d’étrangers nuit aux perspectives d’emploi locales, alimentant ainsi des mouvements de purging social.
Rapatriements et réponses régionales
Face à la montée des violences, plusieurs pays de la région ont organisé des rapatriements. Des bus ont évacué plus de 150 Malawites depuis la province du Cap-Occidental, et d’autres nationalités ont été redirigées vers des points de sortie ou des bureaux administratifs proches des camps. Des rapatriements depuis le Mozambique, le Ghana, le Zimbabwe et d’autres pays voisins ont eu lieu ce mois-ci; un premier vol pour des retours vers le Nigeria est programmé depuis Johannesburg. Par ailleurs, des groupes de migrants originaires du Burundi, d’Éthiopie et du Zimbabwe ont trouvé refuge dans des immeubles gouvernementaux non loin du camp de Durban.
Historique des violences xénophobes en Afrique du Sud
Les épisodes actuels s’inscrivent dans un schéma récurrent. Depuis 2008, des vagues de violence xénophobe ont périodiquement touché l’Afrique du Sud, provoquant morts, destructions et déplacements massifs. Le pays compte environ trois millions d’étrangers, soit près de 5 % de la population, dont une large majorité provient des États membres de la SADC. Les facteurs sous-jacents incluent des tensions économiques persistantes, des politiques migratoires contestées et des discours publics qui stigmatisent les migrants pendant les périodes électorales et de fragilité sociale.
La situation sur le terrain reste fragile et évolutive : les déplacés attendent des réponses urgentes pour l’accès à l’eau, aux soins et à la sécurité, tandis que des autorités nationales et régionales doivent concilier mesures de maintien de l’ordre, assistance humanitaire et gestion des rapatriements. Les familles déplacées à Durban insistent sur la nécessité d’une protection immédiate et d’une solution durable pour éviter de nouvelles pertes humaines et matérielles.