Banque mondiale abaisse la croissance à 2,5% en raison du conflit au Moyen-Orient
Banque mondiale abaisse la prévision 2026 à 2,5% en raison du choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient
Banque mondiale : prévision 2026 abaissée à 2,5% en raison de la hausse des prix de l’énergie, de l’inflation et des risques liés au conflit au Moyen-Orient.
La Banque mondiale avertit que la croissance économique mondiale ralentira sensiblement en 2026, retenant désormais une prévision de 2,5 %, contre 2,9 % annoncés en janvier. Publié le 11 juin 2026, son dernier rapport met en avant l’impact combiné de la flambée des prix de l’énergie, de la hausse de l’inflation et de l’augmentation des coûts d’emprunt, ajoutant que le conflit au Moyen-Orient est au cœur de cette détérioration des perspectives. L’institution souligne que les pays en développement sont particulièrement vulnérables et que des scénarios plus sévères restent possibles si les perturbations se généralisent.
Banque mondiale revoit la croissance 2026 à la baisse
Le rapport de juin 2026 réduit la prévision de croissance mondiale de 0,4 point par rapport à l’estimation de janvier, ramenant le taux attendu à 2,5 %. La révision s’explique principalement par des facteurs externes : la hausse des cours du pétrole, des engrais et d’autres intrants importés, ainsi que l’effet indirect de ces hausses sur l’inflation et le pouvoir d’achat. La Banque mondiale précise que, malgré une prévision de redressement à 2,8 % en 2027, le rythme restera inférieur à la moyenne de la décennie 2010, période marquée par la sortie de la crise financière mondiale.
Impact du conflit sur l’énergie et les chaînes d’approvisionnement
Le rapport met en lumière la pression sur les marchés énergétiques provoquée par des tensions dans le Golfe. Il signale notamment la fermeture du détroit d’Ormuz évoquée dans le document, un passage stratégique pour le pétrole et le gaz, qui a renforcé les craintes de ruptures d’approvisionnement. La Banque mondiale anticipe que le cours moyen du Brent atteindra environ 94 dollars le baril en 2026, soit une hausse conséquente par rapport à l’année précédente, et rappelle que des coupes d’approvisionnement prolongées aggraveraient encore la situation mondiale.
Conséquences sur l’inflation et les prix alimentaires
La hausse attendue du prix du pétrole et des engrais devrait alimenter une poussée inflationniste : le rapport estime l’inflation mondiale à 4 % pour 2026, contre 3,3 % l’année précédente. Cette escalade se répercutera sur les prix alimentaires, rendant la sécurité alimentaire plus précaire dans de nombreuses régions. La Banque mondiale met en garde contre un scénario alternatif où, si les perturbations énergétiques s’amplifiaient, l’inflation pourrait atteindre 4,4 % et la croissance mondiale chuter jusqu’à 1,3 % sur l’année.
Pays en développement en première ligne des effets économiques
Selon le document, deux tiers des pays ont vu leur prévision de croissance revue à la baisse depuis janvier. Hormis la Chine et l’Inde, la plupart des économies émergentes et en développement peinent à réduire l’écart de revenu par habitant avec les pays avancés. Le rapport insiste sur le coût humanitaire et social potentiel : hausse du chômage, érosion du pouvoir d’achat et pressions accrues sur les systèmes de protection sociale, en particulier dans les pays importateurs nets d’énergie et de denrées.
Plans de soutien et ressources mobilisées par la Banque mondiale
La Banque mondiale annonce qu’elle a mis de côté jusqu’à 60 milliards de dollars pour aider les pays en développement affectés par les retombées économiques du conflit, avec une capacité d’augmenter ce soutien jusqu’à 100 milliards de dollars si la crise persiste. L’institution affirme que ses interventions viseront à protéger les populations vulnérables et à préserver la stabilité macroéconomique, tout en soutenant les politiques favorables à la croissance et à l’emploi à moyen terme. Le rapport souligne aussi la nécessité d’une coordination internationale pour éviter une contagion financière et commerciale.
Les risques identifiés par la Banque mondiale restent asymétriques : un affaiblissement prolongé des approvisionnements énergétiques et une escalade militaire pourraient détériorer rapidement les perspectives globales. Les décideurs sont appelés à combiner mesures d’urgence pour limiter l’impact social avec des stratégies budgétaires et monétaires prudentes. Le rapport conclut sur la nécessité d’un soutien international soutenu pour amortir le choc et préserver les trajectoires de développement des pays les plus exposés.