Coalition alerte contre le monopole officinal des compléments alimentaires au Maroc
Compléments alimentaires au Maroc : la Coalition alerte contre un projet de monopole officinal
Au Maroc, la Coalition des entreprises de compléments alimentaires demande le retrait d’une modification réservant la vente aux pharmacies, dénonçant un monopole. (160 caractères)
La Coalition des entreprises du secteur des compléments alimentaires au Maroc a lancé un appel ferme au retrait d’une modification de l’article 30 de la loi n°17-04, introduite au Parlement en mars 2026 et adoptée par la première chambre début juin 2026. Le groupement, soutenu par dix associations professionnelles et plus de 150 entreprises signataires, craint que l’amendement confère aux pharmacies l’exclusivité de la vente de certains compléments présentés comme ayant un « effet thérapeutique », entraînant une restriction du marché, une hausse des prix et des pertes d’emploi.
Demande formelle de retrait de l’article modifié
La Coalition demande que les pouvoirs publics, les partis politiques et les parlementaires réexaminent la modification avant tout vote en deuxième chambre. Selon les industriels et distributeurs qui ont signé la pétition en ligne — dont dix laboratoires fabricants — la mesure n’a pas fait l’objet d’une consultation suffisante des acteurs concernés. Le collectif juge inacceptable qu’une décision affectant la chaîne de valeur complète soit prise sans débat élargi impliquant fabricants, importateurs, distributeurs, opérateurs du commerce électronique, parapharmacies et commerces spécialisés.
Impact économique et emploi menacés
Les signataires alertent sur l’impact économique potentiel : la coalition évoque plus de 5 000 entreprises actives dans le secteur ainsi que près de 40 000 emplois directs et environ 80 000 emplois indirects susceptibles d’être affectés. Les responsables mettent en garde contre une contraction de la concurrence et une augmentation des coûts pour les consommateurs si la distribution était réservée à un seul canal. Ils soulignent que la limitation des canaux de vente pourrait réduire l’offre nationale et pénaliser particulièrement les petites et moyennes entreprises et les commerçants en ligne.
Cadre réglementaire déjà en place
La Coalition rappelle que les compléments alimentaires ne sont pas assimilés à des médicaments mais à des produits liés à l’alimentation, et qu’ils sont déjà couverts au Maroc par la loi n°28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) exerce, selon le groupement, un rôle central dans le contrôle et la conformité de ces produits. Les membres estiment donc qu’un monopole de distribution n’est pas justifié par l’existence d’un vide réglementaire.
Absence d’éléments scientifiques ou sanitaires justificatifs
Les entreprises contestent le manque de preuves présentées pour justifier la mesure au motif d’un risque sanitaire général. La Coalition affirme qu’aucune donnée scientifique fournie au Parlement n’étaye la nécessité d’un monopole de distribution et met en garde contre l’utilisation des préoccupations de santé publique comme levier pour restreindre la concurrence. Elle réclame que toute décision restrictive soit précédée d’une évaluation approfondie des risques fondée sur des preuves.
Comparaison internationale et question des dosages
Le groupement souligne que, comparativement à d’autres marchés comme l’Europe ou les États-Unis, les dosages de nombreuses vitamines, minéraux et substances contenus dans les compléments commercialisés au Maroc sont en général inférieurs aux niveaux couramment admis à l’étranger. Cette observation, selon la Coalition, renforce la nécessité d’une définition scientifique claire et précise de la notion d’« effet thérapeutique » avant d’envisager une restriction de la distribution. Sans une terminologie et des critères mesurables, l’amendement risquerait d’être appliqué de façon arbitraire.
Appel pour un cadre transparent et fondé sur le risque
La Coalition préconise l’élaboration d’un cadre réglementaire moderne, transparent et basé sur l’évaluation du risque, visant à renforcer la protection du consommateur tout en préservant la concurrence, l’investissement et l’emploi. Elle plaide pour des consultations larges et la prise en compte des spécificités de la chaîne de valeur, y compris les canaux de vente alternatifs reconnus internationalement : parapharmacies, grandes surfaces, magasins spécialisés et plateformes en ligne.
La décision finale du Parlement sur cette modification est désormais attendue ; le débat continuera d’opposer défenseurs d’un encadrement strict et acteurs du marché qui réclament un contrôle proportionné et des garanties scientifiques avant toute restriction de la distribution.