Royal Air Maroc veut faire de Casablanca le hub d’un ciel africain interconnecté
Royal Air Maroc se positionne comme hub stratégique pour l’ouverture du ciel africain à l’AFCAC Expo 2026
À Lomé, Royal Air Maroc appelle à l’harmonisation des règles et à la suppression des barrières pour renforcer la connectivité interafricaine et faire du hub de Casablanca un moteur d’intégration.
Royal Air Maroc (RAM) a réaffirmé à Lomé son ambition de jouer un rôle central dans l’ouverture et l’interconnexion du ciel africain. Lors d’un panel tenu mardi dans le cadre de l’AFCAC Expo 2026, le directeur général Abdelhamid Addou a présenté la compagnie comme un acteur majeur engagé à développer un maillage aérien autour du hub stratégique de Casablanca, afin de fluidifier les flux entre pays africains et soutenir l’intégration économique régionale.
RAM revendique le rôle de pivot du hub de Casablanca
La compagnie a détaillé une stratégie de renforcement des liaisons intra-africaines en faisant du hub de Casablanca un point de convergence pour les vols continentaux et intercontinentaux. Selon la direction, ce hub doit permettre de réduire les temps d’attente, d’optimiser les correspondances et d’offrir une meilleure accessibilité aux marchés africains, européens et américains. La RAM se présente ainsi comme interface logistique et commerciale, capable de soutenir les échanges de passagers et de marchandises entre régions.
Appel à l’harmonisation des réglementations et à la baisse des taxes
Au cours de l’intervention, Abdelhamid Addou a mis en lumière les freins structurels qui limitent aujourd’hui la mobilité aérienne sur le continent : disparités réglementaires, charges fiscales excessives et restrictions de droits de trafic. Il a défendu l’idée que la suppression de ces obstacles est une condition préalable pour rendre viable une véritable connectivité africaine. L’exposé a insisté sur la nécessité d’un cadre normatif harmonisé et de mesures fiscales incitatives afin de rendre les connexions intra-africaines économiquement soutenables.
Soutien institutionnel et stratégie sous l’impulsion royale
La RAM attribue une part importante de ses avancées récentes au soutien de l’État. Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la compagnie nationale se serait fortement engagée dans le développement des lignes africaines. Ce positionnement stratégique s’accompagne d’efforts pour renforcer la flotte, optimiser les rotations et coordonner les opérations avec les autorités aéroportuaires marocaines et africaines, dans l’objectif d’assurer une montée en capacité et en performance au service de la connectivité continentale.
Participation marocaine coordonnée à l’AFCAC Expo 2026
La délégation marocaine présente à Lomé est conduite par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, et comprend des responsables clés tels que l’ambassadeur Rachid Rguibi au Bénin et au Togo, le directeur général de l’Office National des Aéroports, Adel El Fakir, et le PDG de Royal Air Maroc, Abdelhamid Addou. L’événement, organisé du 15 au 19 juin 2026 par la Commission africaine de l’aviation civile en partenariat avec l’Union africaine, prend pour thème « Un ciel africain unique : connectivité et développement durable du transport aérien ». La participation marocaine vise à promouvoir des solutions concrètes pour accélérer la réalisation du Marché unique du transport aérien africain.
Perspectives pour le Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA)
La RAM se positionne comme un partenaire opérationnel pour la mise en œuvre des objectifs du Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA). Le transporteur évoque la coopération Sud-Sud comme levier essentiel pour dynamiser le trafic intra-africain et favoriser l’essor des échanges commerciaux et touristiques. Le discours a souligné que la création d’un espace aérien plus ouvert doit s’accompagner d’investissements dans les infrastructures aéroportuaires, la formation des personnels et la modernisation des procédures réglementaires.
La conférence à Lomé a servi de plate-forme pour rappeler que l’ouverture du ciel africain n’est pas seulement une question commerciale, mais un instrument de développement économique et de rapprochement régional. Les intervenants marocains ont appelé à la responsabilité collective des États et des acteurs du secteur pour retirer les verrous réglementaires et fiscaux qui entravent la mobilité. En plaçant le hub de Casablanca au coeur de sa stratégie continentale, Royal Air Maroc vise à offrir des correspondances plus nombreuses et fluides, à faciliter les échanges de biens et de services et à contribuer ainsi à une intégration économique renforcée sur le continent.