Coupe du monde 2026 : émissions estimées jusqu’à 9 millions de tonnes de CO2
Coupe du monde 2026 : un bilan carbone potentiellement record entre 5 et 9 millions de tonnes de CO2
Études: la Coupe du monde 2026 pourrait émettre 5–9 millions de tonnes de CO2, nettement plus que l’estimation officielle, principalement à cause des vols durant l’été
La Coupe du monde 2026, organisée aux États‑Unis, au Mexique et au Canada sur 39 jours, est en passe de devenir l’événement sportif le plus émetteur de gaz à effet de serre jamais organisé. Plusieurs évaluations indépendantes portent les estimations d’émissions entre 5 et 9 millions de tonnes de CO2, voire près de 8 millions selon certaines méthodologies, des chiffres nettement supérieurs à l’estimation officielle des pays hôtes qui s’élève à environ 3,7 millions de tonnes. L’écart s’explique par la combinaison d’une aire géographique très vaste, de la multiplication des matchs et d’un afflux massif de spectateurs et d’acteurs du football sur le continent nord‑américain.
Emissions totales et fourchettes estimées
Plusieurs travaux chiffrent l’empreinte du tournoi à un niveau compris entre 5 et 9 millions de tonnes de CO2. D’autres approches, reposant sur des comptages détaillés des déplacements et des opérations, avancent une estimation proche de 7,8 millions de tonnes. Même en retenant l’hypothèse la plus basse parmi ces évaluations, l’empreinte carbone du tournoi dépasserait significativement celle de l’édition précédente, mesurée à l’époque à un niveau inférieur. Ces différences de chiffrage tiennent aux méthodologies retenues pour évaluer les déplacements internationaux, le transport local, la logistique d’événement et les effets indirects liés aux dépenses et à la publicité.
Transport aérien : principal contributeur
La dispersion géographique des stades sur trois pays et sur plus de 4 000 kilomètres entre certains sites explique pourquoi le transport aérien représente la part la plus importante des émissions. Les calculs indiquent que plus de 85 % de l’empreinte carbone du tournoi pourrait provenir des vols — qu’il s’agisse de liaisons commerciales régulières, de vols charter ou de déplacements en jets privés. Le flux intense de spectateurs internationaux, de délégations, de médias et de fournisseurs sur une période de cinq semaines multiplie les rotations aériennes et augmente substantiellement la consommation de carburant liée à l’événement.
Extension du format et hausse de la fréquentation
L’élargissement du format à 48 équipes a porté le nombre de rencontres à 104, contre 64 auparavant, et a prolongé la durée du tournoi de 29 à 39 jours. Ces modifications amplifient naturellement les besoins logistiques : davantage d’hébergements, de rotations de personnel, de déplacements inter‑villes et d’infrastructures temporaires. Les organisateurs prévoient environ six millions de spectateurs, contre 3,4 millions lors de la précédente édition, ce qui augmente les déplacements collectifs et individuels vers et depuis les stades, ainsi que la consommation sur site.
Effets indirects : publicité, commerce et prolongements urbains
L’empreinte environnementale ne se limite pas aux émissions directes. Les campagnes publicitaires massives autour du tournoi — provenant de secteurs tels que l’automobile, le transport aérien, l’électronique ou la distribution — peuvent encourager une consommation accrue. Les animations commerciales et l’afflux de visiteurs vers de grands complexes commerciaux situés à proximité de certains stades amplifient par ailleurs les impacts. Ces effets indirects, difficiles à quantifier précisément, viennent s’ajouter aux bilans opérationnels et peuvent augmenter significativement l’empreinte globale.
Écart entre estimations indépendantes et chiffre officiel
L’écart entre les estimations indépendantes et le chiffre communiqué par les pays hôtes soulève des questions méthodologiques et politiques. Les différences peuvent résulter du périmètre retenu (émissions directes seulement vs. inclusion des émissions induites), des hypothèses sur les comportements des spectateurs, ou de la prise en compte — ou non — de certains postes comme la publicité et l’industrie du tourisme associée. Ce décalage alimente le débat sur la transparence des bilans et sur les mesures d’atténuation réellement mises en œuvre avant, pendant et après l’événement.
Les discussions autour de la réduction des émissions portent sur plusieurs leviers : optimisation des itinéraires et encouragement des transports terrestres bas‑carbone pour les trajets courts, limitation des vols privés, compensation carbone de qualité et investissements dans des infrastructures durables. Toutefois, la portée réelle de ces mesures dépendra des choix opérationnels des organisateurs et des comportements des millions de personnes impliquées dans le tournoi.
Au‑delà des chiffres, la tenue d’un événement de cette ampleur sur un territoire aussi étendu pose la question de la compatibilité entre grands rendez‑vous sportifs mondiaux et objectifs climatiques. Les prochains mois devraient permettre de mesurer si des mesures concrètes viennent réduire l’empreinte annoncée ou si, à l’inverse, l’impact restera l’un des aspects les plus discutés de cette édition.