Conseil des droits de l’homme réuni d’urgence pour El-Obeid, 500 000 civils menacés
Le Conseil des droits de l’homme convoque une session d’urgence sur El-Obeid face au risque d’atrocités
Le Conseil des droits de l’homme se réunit à Genève le 1er juillet 2026 pour évaluer l’urgence humanitaire et le risque d’atrocités visant 500 000 civils autour d’El-Obeid dans le Nord-Kordofan.
Genève — Le Conseil des droits de l’homme a ouvert une session d’urgence à Genève le 1er juillet 2026 pour examiner la situation des droits et de la protection des civils à et autour d’El-Obeid, dans l’État du Nord-Kordofan, sur fond d’une escalade du conflit au Soudan. La convocation intervient après une demande formelle présentée par un groupe restreint de pays — l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas, la Norvège et le Royaume-Uni — qui ont averti qu’environ 500 000 personnes risquent d’être exposées à des atrocités à grande échelle.
Le Conseil des droits de l’homme convoque une session d’urgence
La réunion vise à évaluer les éléments signalant une détérioration rapide de la sécurité et de l’accès humanitaire autour d’El-Obeid. Les pays demandeurs ont demandé un débat public et l’examen d’une résolution à l’issue de la session. L’objectif déclaré est d’attirer l’attention internationale, de pousser à des mesures diplomatiques et de rechercher des moyens concrets pour protéger les civils et garantir l’accès des humanitaires.
Alerte sur 500 000 civils exposés à des atrocités
Les États ayant soumis la demande ont mis en garde contre un risque élevé d’atrocités touchant près d’un demi-million de civils dans les zones périphériques d’El-Obeid. Les autorités et acteurs humanitaires font état de populations coincées par des opérations militaires et de conditions analogues à un siège, avec des familles incapables de fuir et dépendantes d’acheminements humanitaires aujourd’hui menacés ou interrompus.
Frappes de drones et effondrement des services essentiels
Les environs d’El-Obeid ont subi une intensification des frappes de drones, qui ont détruit des infrastructures civiles essentielles. Ces attaques ont entraîné des pénuries sévères de carburant et d’eau potable et ont gravement compromis le fonctionnement des structures sanitaires et des marchés locaux. Les coupures d’électricité et la rupture des approvisionnements ont exacerbé la vulnérabilité des populations déjà déplacées ou réfugiées à l’intérieur du pays.
Projet de résolution proposé par l’Allemagne et ses partenaires
Le groupe de pays à l’origine de la demande a annoncé son intention de présenter un projet de résolution aux membres du Conseil à l’issue du débat. Le texte attendu visera à demander des mesures claires de protection, à renforcer la surveillance internationale de la situation des droits de l’homme et à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. La résolution pourrait également inclure des appels à la poursuite de la responsabilité pour les violations graves signalées.
Arrestations et attaques contre le personnel médical à El-Fasher
Parallèlement, un réseau médical soudanais a signalé l’arrestation d’environ 20 médecins, dont quatre femmes, depuis l’invasion d’El-Fasher par les Forces de soutien rapide (RSF) en octobre 2025. Le sort de ces professionnels de santé demeure inconnu. Le réseau indique en outre que 25 membres du personnel médical ont été tués depuis le déclenchement du conflit le 15 avril 2023. Ces incidents s’inscrivent dans une tendance selon laquelle les travailleurs de la santé sont fréquemment ciblés, compromettant davantage la capacité à fournir des soins d’urgence.
Bilan du conflit et intensification dans le Kordofan et le Nil Bleu
Entré dans sa quatrième année, le conflit soudanais a causé des pertes humaines massives et des déplacements à grande échelle : des dizaines de milliers de morts et plus de 12 millions de personnes déplacées, selon les évaluations humanitaires. Les Nations Unies décrivent la crise comme la pire en matière de déplacements et d’insécurité alimentaire au monde. Les combats se sont intensifiés ces derniers mois dans la région du Kordofan et dans l’État du Nil Bleu, près de la frontière éthiopienne, tandis que la prise d’El-Fasher par les RSF a marqué la chute du dernier bastion militaire majeur dans une partie du Darfour.
La convocation de Genève marque un moment clé pour la communauté internationale, qui est confrontée à la nécessité d’agir rapidement pour prévenir des violations massives des droits de l’homme et pour rétablir des corridors humanitaires. Le résultat du débat et la suite donnée au projet de résolution seront observés comme des indicateurs de la capacité des institutions internationales à répondre à une crise humanitaire en rapide aggravation.