Maroc et Espagne renforcent l’accompagnement des travailleuses agricoles avec visas de 4 ans
Maroc-Espagne : le gouvernement renforce l’accompagnement des travailleuses agricoles saisonnières
Le Maroc met en place des mesures — visas de quatre ans, révision du mécanisme de sélection et coordination renforcée avec l’Espagne — pour améliorer la protection et l’accompagnement des travailleuses saisonnières en Espagne.
Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a présenté à la Chambre des représentants une série de mesures destinées à renforcer l’encadrement des travailleuses agricoles marocaines en Espagne. Ces mesures visent à sécuriser les parcours migratoires, améliorer l’accès aux droits fondamentaux et réduire les difficultés rencontrées, en particulier pour les premières mobilisations. Le gouvernement met l’accent sur la coopération bilatérale et sur des ajustements opérationnels du dispositif d’envoi et de suivi.
Principales mesures annoncées par l’exécutif
Parmi les décisions adoptées figurent la modification du mécanisme de sélection des travailleuses et l’octroi de visas d’une durée de quatre ans. L’objectif affiché est de stabiliser les flux et de faciliter les déplacements réguliers tout en assurant un meilleur suivi administratif et social des personnes concernées. Le ministère souligne également le renforcement des actions préparatoires, notamment des ateliers d’information et de formation avant départ.
Évolution des flux et taux de retour
Le ministère a souligné l’évolution significative du nombre de travailleuses : environ 3 000 à l’époque il y a une dizaine d’années, contre plus de 15 000 par an ces dernières années. Par ailleurs, la proportion des travailleuses qui effectuent des retours réguliers au Maroc dépasse 81 %, ce qui est présenté comme un indicateur de la régularité et de la durabilité des mobilités saisonnières organisées.
Concentration géographique et dialogue avec les employeurs
La province de Huelva concentre près de 90 % des travailleuses marocaines en Espagne. Face aux problèmes identifiés, le ministre a tenu une réunion avec les entreprises employeuses basées dans cette province afin d’examiner les difficultés opérationnelles et les conditions de travail. Ces échanges visent à responsabiliser les employeurs et à faciliter la mise en place de pratiques conformes aux droits du travail et aux accords bilatéraux.
Difficultés persistantes identifiées sur le terrain
Malgré les ateliers de sensibilisation organisés avant le départ, plusieurs obstacles persistent. Les travailleuses effectuant leur premier déplacement rencontrent principalement des difficultés liées à la langue et à la méconnaissance de leurs droits. Ces lacunes rendent plus complexes l’accès aux services, la compréhension des contrats et la capacité à déposer une plainte en cas de litige. Le gouvernement reconnaît la nécessité d’un accompagnement plus ciblé pour ces profils.
Coordination bilatérale et accès aux droits en Espagne
Les réunions tenues en coordination avec l’ambassade du Maroc en Espagne et le consulat général à Séville, en présence des autorités espagnoles compétentes, ont abouti à des engagements concrets : garantir l’accès à la couverture sanitaire dès l’arrivée, faciliter le dépôt des plaintes et assurer la disponibilité d’un soutien linguistique et administratif. L’accent est mis sur la mise en place de mécanismes d’assistance pour lever la barrière de la langue et pour orienter les travailleuses vers les instances de protection.
Un suivi renforcé est prévu à la fois sur le plan administratif et sur le plan social, avec la participation de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC). Les autorités marocaines et espagnoles indiquent vouloir renforcer la surveillance et les instruments de résolution des problèmes identifiés, en s’appuyant notamment sur des partenariats locaux et des dispositifs de médiation.
La démarche gouvernementale combine des ajustements réglementaires et des actions opérationnelles visant à sécuriser les mobilités saisonnières, à réduire les vulnérabilités et à garantir le respect des droits. Les prochaines étapes incluront la mise en œuvre concrète des modifications du mécanisme de sélection, le déploiement effectif des visas quadriennaux et le renforcement des mesures d’accompagnement linguistique et juridique pour les travailleuses, en particulier celles partiantes pour la première fois.