Mohamed Ouahbi reconnaît le manque de personnalité du Maroc face à la France
Mohamed Ouahbi analyse l’élimination du Maroc contre la France et trace la feuille de route vers 2030
Mohamed Ouahbi défend le parcours du Maroc après le quart perdu contre la France, identifie les failles tactiques et expose son plan ambitieux pour 2030.
Mohamed Ouahbi refuse que le parcours du Maroc soit réduit à un seul match. Après l’élimination en quart de finale face à la France, le sélectionneur national a livré un bilan mesuré et ciblé lors d’un long débriefing au Complexe Mohammed VI. Plutôt que d’imputer l’échec à un manque d’envie ou à un changement d’identité de jeu, Ouahbi a pointé des déficits concrets dans la gestion des temps forts, la construction offensive et la capacité du groupe à imposer sa maîtrise du ballon contre une équipe de très haut niveau.
Constat général posé par le sélectionneur
Selon Ouahbi, l’identité de jeu n’a pas été modifiée pour ce match-clé : le Maroc a affiché la même organisation et les mêmes principes que contre les Pays-Bas ou le Brésil. Le problème n’était donc pas tactique au sens large, mais opérationnel dans l’exécution. Le sélectionneur a insisté sur l’incapacité répétée à ramener le ballon dans le camp adverse, à attaquer la profondeur et à multiplier les appels pour désorganiser le bloc français. Ces lacunes ont empêché la continuité offensive nécessaire pour créer des occasions de rupture.
Difficultés offensives et manque de personnalité dans les moments clés
L’analyse d’Ouahbi identifie spécifiquement un déficit de personnalité sur les phases décisives. Le Maroc n’a pas réussi à imposer suffisamment de rythme et d’intensité dans les transitions offensives. Les joueurs ont montré de l’envie, mais l’enchaînement d’actions et la prise d’initiative individuelle ont fait défaut au moment où il fallait forcer la décision. Le sélectionneur a noté que l’équipe n’a pas suffisamment attaqué les espaces derrière la défense adverse, ni su créer des situations répétées pour étirer le bloc français.
Défense du collectif et justification des choix d’effectif
Face aux critiques post-élimination sur la liste des retenus, Ouahbi a défendu ses choix. Il a rappelé que la sélection retenue avait permis au Maroc d’atteindre les quarts de finale et correspondait aux besoins du projet collectif. Le technicien a souligné que le collectif restait la principale force de cette génération : des cadres comme Bounou, Hakimi, Ounahi, Mazraoui et Sofyan Amrabat apportent de l’expérience, mais l’identité des Lions de l’Atlas ne peut reposer sur un seul leader décisionnaire. Le message est clair : la performance repose sur la solidité du groupe, pas sur la présence ou l’absence d’un joueur isolé.
Orientation vers la jeunesse et élargissement du vivier
L’un des axes prioritaires évoqués par Ouahbi est l’élargissement du vivier de joueurs. Conscient de la jeunesse d’un effectif largement investi pour l’avenir, le sélectionneur veut offrir davantage d’opportunités à de nouveaux profils afin de réduire la dépendance aux retours de blessure et aux circonstances. L’objectif fixé est de construire une équipe capable de rivaliser même en l’absence de certains titulaires, en multipliant les options tactiques et en préparant des remplaçants immédiatement performants.
Feuille de route et objectifs à moyen terme
Pour préparer l’horizon 2030, Ouahbi a mis l’accent sur la continuité du projet et la maturation progressive des joueurs. Le plan comprend une politique de détection renforcée, des phases de préparation ciblées et une attention particulière portée à la gestion des compétitions internationales pour favoriser l’émergence d’une ossature stable. Le sélectionneur veut transformer les enseignements issus du match contre la France en actions concrètes : travail sur la profondeur, exercices pour améliorer la continuité offensive, et stratégies pour gagner en maturité dans les moments charnières.
L’élimination face à la France marque une étape dans le parcours d’une équipe en construction plutôt qu’un point final. Mohamed Ouahbi maintient que le chemin parcouru reste positif et que les carences observées constituent des éléments à corriger pour accélérer la montée en puissance du football marocain. Le défi posé pour les prochaines saisons est d’ancrer une culture de remplacement compétitif et d’adapter les méthodes d’entraînement pour que l’équipe soit capable d’atteindre ses ambitions internationales malgré les aléas.